Le chef du service des urgences de Mulhouse, Marc Noizet, tire la sonnette d'alarme ce lundi au micro de France Inter. La région Grand Est, est actuellement la région la plus touchée de France par le coronavirus et les capacités d'accueil des malades gravement atteints, sont déjà saturées dans le Haut Rhin.

Le chef du service des urgences de Mulhouse, Marc Noizet, tire la sonnette d'alarme
Le chef du service des urgences de Mulhouse, Marc Noizet, tire la sonnette d'alarme © Getty / BSIP / Contributeur

FRANCE INTER : Vous constatez une expansion de l'épidémie de Coronavirus dans le Haut-Rhin ?

MARC NOIZET : "Alors que nous étions très sollicités, depuis trois semaines, sur la partie pré hospitalière -- régulation, médecine de ville-- avec des cas relativement banals de syndrome grippal, depuis cinq jours, nous sommes sur-sollicités avec des patients qui arrivent à l'hôpital avec de véritables signes de gravité et de sévérité qui nécessitent une prise en charge obligatoire en milieu hospitalier. Et puis, depuis trois jours, on accueille un nombre de cas excessivement sévères, en détresse, qui nécessitent une prise en charge en réanimation et qui ont d'ores et déjà saturé toutes nos capacités de réanimation dans le département du Haut-Rhin et progressivement, dans le département du Bas-Rhin et les départements avoisinants."

Sommes nous déjà en situation, dans les hôpitaux de la région, à trier les patients ?

"Sans parler de trier les patients parce que je pense qu'on n'en est pas encore là, on essaye de donner la meilleure chance à chaque patient. Et on réfléchit à la façon dont on va pouvoir gérer la suite de cette crise, si on venait à manquer complètement de disponibilité de lits de réanimation, qui sont les lits critiques qui permettent de sauver des vies pour les patients qui présentent les signes les plus graves."

Avez-vous la possibilité de commander des machines pour la réanimation ?

"Il y a une vraie problématique de disponibilité de stocks de matériel, non seulement sur les respirateurs, mais également sur tout l'environnement technique nécessaire pour armer un lit de réanimation. Donc, les industriels sont sollicités, mais évidemment il y a la problématique de stocks. Je sais qu'en Italie on va faire venir du matériel de Chine. Nous avons sollicité les pouvoirs publics pour nous y aider. Nous avons aussi sollicité d'autres établissements, notamment dans les régions qui ne sont pas encore soumises à la pression, de manière à trouver ce matériel pour équiper de nouveaux lits."

Mais plus de lits c'est évidemment plus de personnel ?

"Les hôpitaux de Strasbourg sont en train de mettre en œuvre le nécessaire pour ouvrir également de nouveaux lits et se pose également la problématique des ressources humaines, tant paramédicales que médicales. Parce que même si nous avons complètement déprogrammé l'ensemble des activités chirurgicales et que les anesthésistes peuvent revenir sur ces lits de réanimation, mais ce ne sera évidemment pas suffisant au nombre de lits qu'il va nous falloir." 

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