Le coronavirus a fait 127 morts et a contaminé 5 423 personnes en France, selon les derniers chiffres de Santé publique France. “Nous avons tous un rôle majeur à jouer en respectant les “gestes barrière” et en diminuant massivement ses contacts”, a jugé lundi le directeur général de la Santé Jérôme Salomon sur Inter.

Jérôme Salomon alerte sur le risque de saturation des hôpitaux, si les Français ne respectent pas les gestes barrière et le confinement.
Jérôme Salomon alerte sur le risque de saturation des hôpitaux, si les Français ne respectent pas les gestes barrière et le confinement. © AFP

La situation est “extrêmement préoccupante”. “L'épidémie est très rapide, le nombre de cas double tous les trois jours”, alerte le directeur général de la Santé, le professeur Jérôme Salomon, invité de France Inter lundi matin. En effet, le nombre de cas de coronavirus est passé à 5 423 personnes en France (dont 400 en réanimation), l'épidémie ayant fait 127 morts depuis son apparition dans le pays. "Je voudrais que nos concitoyens se rendent compte qu'il y a des centaines de personnes qui sont malades, en réanimation et que les soignants poussent un cri d'alarme, demandant que les Français les aident”, ajoute-t-il.

“Beaucoup de gens n'ont pas compris qu'il faut rester à domicile. Nous avons tous un rôle majeur à jouer en respectant les consignes et les gestes barrière, en diminuant massivement ses contacts”, exhorte Jérôme Salomon, regrettant que la faible adhésion aux consignes d'éloignement fait que l'on n'arrive pas ”à freiner la cinétique de l'épidémie”. 

“Nous pouvons tous véhiculer le virus sans le savoir”

L'objectif est, rappelle le directeur général de la Santé, que chacun passe des cinquante personnes croisées dans la journée à quelques unités seulement. ”Les soignants font des sacrifices considérables, ils appellent les Français à faire barrière au virus en restant chez eux et en réduisant massivement tous les contacts.”  

“Nous pouvons tous véhiculer le virus sans le savoir, nous pouvons être porteur et donc transmetteur”, alerte Jérôme Salomon, expliquant que le risque est d'être un porteur sain du virus et de le transmettre sans s'en rendre compte. ”Le confinement de Codogno a marché puisqu'il n'y a plus de nouveaux cas, c'est une preuve que le confinement et les mesures barrières marchent”, ajoute-t-il.

”Il faut absolument rester chez soi si l'on a un mal de gorge, de tête, etc. Il ne faut pas avoir d'esprit de bravoure en allant quand même travailler”

– Faut-il tester tout le monde ?Nous testons toutes les personnes hospitalisées, les personnes grave, les foyers. Tester tout le monde obligerait à déplacer beaucoup de monde, cela obligerait des infirmiers à se déplacer. Ce qui compte c'est la capacité de compter les cas confirmés, les personnes malades, le nombre d'appels, etc. Il n'y a pas beaucoup d'intérêt à se faire tester mais il faut absolument rester chez soi si l'on a un mal de gorge, de tête, etc. Il ne faut pas avoir d'esprit de bravoure en allant quand même travailler.”

– Les personnes âgées sont-elles plus concernées que les autres ?La moitié des personnes en réanimations ont moins de 65 ans. Un peu plus de 10% des décès concernent des moins de 65 ans. On observe peu de cas chez les mineurs mais à partir de 25 ou 30 ans, il y a des formes de plus en plus sévères et sans forcément de pathologie grave sous jacente.” 

– Où sont les masques, réclament les pharmaciens et les médecins ? Les soignants vont récupérer le stock stratégique de l’État, assure Jérôme Salomon. ”Nous devons, en effet, protéger nos soignants en priorité. Les masques sont une denrée précieuse et j'ai régulièrement dénoncé les vols et les abus. Porter un masque et des gants dans la rue ça n'a pas beaucoup de sens. On a un réel mauvais usage des masques et les masques doivent être restés réservés aux soignants.” 

– Sortir dans les parcs ?Rassembler des dizaines de personnes sur des pelouses alors que les écoles sont fermées ça n'a pas de sens.” 

Jérôme Salomon attire, par ailleurs, sur le risque de saturation du système hospitalier. “Je lance un appel à la mobilisation générale contre ce virus et pour faire barrière. Il serait catastrophique d'en arriver-là. On voit que l'on peut très rapidement à la saturation d'un hôpital s'il n'y a pas d'application des mesures barrières. Plus il y a de malades, plus il y a de cas graves", rappelle-t-il. 

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