Il en est convaincu, "la population française ne pourra pas aller au-delà d'une à deux semaines de confinement supplémentaires", estime le professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique sur le Covid-19.

Jean-François Delfraissy
Jean-François Delfraissy © Radio France / Anne Audigier

Une prolongation, d'une semaine, quinze jours tout au plus. Après, "il va falloir ouvrir", estime le professeur Jean-François Delfraissy, spécialiste de l'immunologie et président du conseil scientifique sur le coronavirus qui conseille le gouvernement d'Édouard Philippe dans cette crise et notamment, sur les mesures de confinement prises il y a près d'une semaine. "La population française pourra difficilement aller au-delà", juge-t-il au micro de France Inter. 

"L'épidémie va se poursuivre", mais avec le confinement "la vitesse et le nombre de nouvelles contaminations sera moins important", prédit Jean-François Delfraissy. "Il faut commencer à envisager une nouvelle stratégie pour la sortie du confinement."

Dépistages en nombre et traitement  

Cette stratégie "pourrait ressembler à celle appliquée en Corée du Sud qui s'appuie sur des dépistages massifs des personnes qui se croient atteintes". Pour l'instant, ces tests restent à destination des personnes à risque uniquement, a précisé le ministre de la Santé samedi. 

"Il est possible que nous ayons, dans quelques semaines, un autre type de test qui ne soit plus la mise en évidence du virus mais sur la mise en évidence d'anticorps", détaille Jean-François Delfraissy, précisant que des tests de ce type peuvent être pratiqués à beaucoup plus grande échelle. 

Allant dans ce même sens, samedi soir, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé une prochaine évolution de la doctrine d'usage des tests de dépistage du Covid-19 afin d'être "en mesure de multiplier nos capacités de tests au moment où nous lèverons le confinement".

"Peut-être qu'on aura alors un premier médicament qui pourra nous faire rentrer dans une stratégie qui combine dépistage et traitements", espère le professeur Delfraissy. Il évoque également les moyens employés en Corée du Sud via des applications numériques et les smartphones pour contrôler et retracer les potentielles contaminations, mais qui représentent toutefois des atteintes aux libertés privées. Les Coréens réalisent un réel "traçage technologique", comme le décrit Numérama.

Il rappelle que la "qualité" du confinement est dans tous les cas déterminante, d'autant qu'elle n'auront "pas d'effet avant six semaines environ", dit-il. "Il faut se confiner pour soi-même et pour les autres. (...)". 

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