Si les restaurants de Crépy-en Valois voient peu de clients depuis le début de la crise du Coronavirus, dont un des foyers se trouve dans l'Oise, celui de Richard et Lina Chu est particulièrement déserté et ses propriétaires insultés car d'origine chinoise.

Lina Chu a 35 ans, elle est née en France mais s'entend dire depuis le début de la crise du Coronavirus de "rentrer dans son pays"
Lina Chu a 35 ans, elle est née en France mais s'entend dire depuis le début de la crise du Coronavirus de "rentrer dans son pays" © Radio France / Gilles Gallinaro

Le coronavirus, qui a fait quatre morts en France et infecté plus de 200 personnes ,inquiète les Français. Notamment dans les zones les plus touchées par le Covid-19 comme l'Oise - qui constitue l'épicentre de l'épidémie en France - avec au moins 47 cas. Neuf communes du département, dont Crépy-en-Valois, sont soumises depuis samedi à des interdictions strictes, comme celle des rassemblements collectifs ou encore le report de la rentrée scolaire.

Les restaurants de la région subissent tous le contrecoup et c'est encore plus vrai à Crépy-en-Valois dans ce restaurant chinois de la zone d'activité.

Les restaurants de Crépy-en-Valois sont désertés, surtout les restaurants chinois comme "Le roi des gourmands"
Les restaurants de Crépy-en-Valois sont désertés, surtout les restaurants chinois comme "Le roi des gourmands" © Radio France / Gilles Gallinaro

Restaurant déserté

D'habitude fréquenté notamment à midi par les salariés, "Le roi des gourmands", un "restaurant eurasian" où l'on sert des nems, woks, et autres plats asiatiques, est presque totalement déserté, comme le constate Lina Chu, sa propriétaire. "Au lieu de la cinquantaine de couverts" qui sont faits d'habitude, "on en fait une fois dix, une fois huit" au début de la crise dans l'Oise. "Après on a fait deux couverts et après, on a fait des zéros couverts", raconte-t-elle. 

"On ne fait plus le buffet, il y a énormément de pertes" explique son mari Richard. "Si ce n'est pas mangé, ça part à la poubelle", se désole-t-il. 

Le restaurant s'est vidé dès l'apparition du coronavirus. Après le décès d'un professeur d'un lycée de la ville, la situation a fortement empiré. Mais le comportement des gens a changé bien avant envers le couple Chu. 

Réflexions racistes

"Je me suis fait insulter dans la rue raconte Lina. "Les gens nous ont dit de rentrer chez nous, dans notre pays, mais je suis née en France. Alors que je suis Française. En nous voyant, les gens se mettaient la serviette au niveau de la bouche. Ou l'écharpe. Il y en a qui partaient loin. Il y en même, on le voyait, qui arrêtaient de respirer !" 

Alors, quand un client franchit la porte, pour Lina ce n'est pas seulement la promesse d'une rentrée d'argent. "Les gens, quand ils viennent ici, c'est qu'ils n'ont pas peur de nous, c'est déjà un soutien". 

Ce restaurant de la zone d'activité de Crépy-en-Valois, faisait habituellement entre 20 et 50 couverts
Ce restaurant de la zone d'activité de Crépy-en-Valois, faisait habituellement entre 20 et 50 couverts © Radio France / Gilles Gallinaro

Leur chiffre d'affaires a chuté de plus de la moitié

Pour Richard et Lina Chu, la situation économique se complique. Ils attendent beaucoup, donc, des aides de l'État. "Là, ça devient très compliqué, avoue Lina, parce qu'on a peur de ne pas pouvoir payer nos fournisseurs et nos factures, tout simplement. Je ne sais pas exactement combien de temps on peut tenir." 

L'impact de la crise du coronavirus se fait durement sentir dans le secteur de l'hôtellerie, de la restauration et chez les traiteurs qui organisent des réceptions, avec une chute d'activité "de l'ordre de 20%" d'ores et déjà enregistrée, selon Didier Chenet, le président du Groupement national des indépendants (GNI) de l'hôtellerie-restauration. Interrogé par France Info, il a indiqué que la chute du chiffre d'affaires allait s'amplifier dans les semaines à venir, notamment pour les traiteurs qui organisent des réceptions en France.

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