L'Agence française du médicament (ANSM) a annoncé autoriser l'utilisation du plasma de malades guéris pour soigner des patients gravement atteints par le Covid-19. Avec des conditions strictes.

Un traitement administré sous conditions.
Un traitement administré sous conditions. © AFP / Alex Edelman

Transfuser du plasma de patients guéris chargé d’anticorps sur des patients malades, pour les aider à lutter contre le coronavirus. La technique fait déjà l’objet d’un essai clinique en France, mais tout le monde ne pourra pas y être inclus. Comme les premières données semblent encourageantes, l’Agence nationale du médicament (ANSM) a décidé jeudi d’autoriser cette transfusion en dehors d’essais cliniques, ce qui permettra a un plus grand nombre de patients d’y prétendre.

Un essai mené depuis le 7 avril

Un essai clinique baptisé Covisplasm est mené aux hôpitaux de Paris depuis le 7 avril dernier, et un deuxième devrait débuter sous l’égide du service de santé des armées. L’essai Coviplasm a montré que la technique ne présentait pas de problèmes de sécurité. On va même l’étendre, et c’est nouveau, à des patients admis en réanimation. D'autres essais à l’étranger ont montré des résultats encourageants, avec une amélioration de l’état des patients transfusés.

Enfin, l'expérience des épidémies précédentes laisse également supposer un bénéfice. On l’avait déjà remarqué à l’époque de la grippe espagnole et plus récemment avec le SRAS. Le problème est que pour l’heure, les essais s’adressent à peu de monde, dans peu d’établissements. 

Des transfusions sous conditions

D’où cette possibilité d’élargir le public éligible dans l’urgence de l’épidémie : un outil de plus mis à disposition des patients. Il s’agit de malades qui viennent d’être diagnostiqués et qui ont été admis à l’hôpital, donc des cas relativement sévères. L'administration se fera dans le cadre hospitalier uniquement, à la suite d’une décision collégiale des équipes. Comme pour les essais cliniques, la collecte de plasma auprès des patients convalescents volontaires sera organisée par l'Établissement français du sang.

L’agence du médicament précise que cet usage, hors essai clinique, à l’hôpital, alors que l’efficacité n’est pas pleinement démontrée, est loin d’être inédit : il a déjà été autorisé ces dernières semaines, à l’hôpital exclusivement, pour deux médicaments, le plaquenil et le kalettra.

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