Trop souples, les règles du confinement ? C'est ce que pensent plusieurs maires et préfets en France, qui ont décidé d'aller plus loin, en imposant un couvre-feu obligatoire la nuit dans leurs communes. L'idée étant de stopper net les sorties superflues et la propagation du Covid-19.

Couvre-feu à Nice dans la nuit du 22 au 23 mars 2020
Couvre-feu à Nice dans la nuit du 22 au 23 mars 2020 © Maxppp / Cyril Dodergny

Édouard Philippe l'a dit lundi soir : il ne souhaite pas de couvre-feu national, mais ne s'opposera pas aux maires et préfets qui envisageraient de prendre de telles mesures dans leurs communes. "Nous avons donné instruction aux préfets de se rapprocher des maires qui  estiment qu’il y a nécessité", a expliqué le Premier ministre. "Nous n’hésiterons pas, là où la situation sanitaire l’impose, à ce qu’un couvre-feu soit installé."

Plusieurs communes, comme Nice, Montpellier, Perpignan ou Béziers, ont déjà pris de telles mesures. Dans les Alpes-Maritimes, la préfecture a même décidé de mettre en place un couvre-feu de 22h à 5h dans toutes les villes de plus de 10.000 habitants, et toutes les communes du littoral. Depuis, la liste s'allonge régulièrement.

Au total, un peu plus de 2 millions de Français habitent dans des communes qui ont mis en place un couvre-feu nocturne, dont 342.000 rien qu'à Nice, la ville la plus peuplée de cette liste.

"Inconscience intolérable"

À l'origine de ces décisions, il y a surtout un ras-le-bol de certains maires, qui n'en pouvaient plus de constater des entorses au confinement. "Je me suis aperçu que des familles ou des groupes d'amis se rassemblaient toujours dans les aires de jeu ou se promenaient sur les bords du canal de Provence", raconte ainsi à nos confrères de France Bleu le maire de Pourrières, dans le Var.

Le maire de Teloché, dans la Sarthe, s'indigne également dans Ouest-France que "tous les soirs, sans autorisation, nous croisions encore des bandes d’adolescents à vélo, c’est inadmissible". Même son de cloche dans une ville plus vaste, celle de Nice, où le maire Christian Estrosi dénonce "l'inconscience intolérable" de certains de ses administrés.

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