Près de 1 300 personnes infectées par le coronavirus étaient en réanimation vendredi en Ile-de-France. Afin de libérer des lits, le chef des urgences de l'hôpital Georges Pompidou demande de toute urgence un transfert massif des patients vers les régions moins touchées et vers les autres pays de l'Union européenne.

Philippe Juvin dirige le service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou, à Paris
Philippe Juvin dirige le service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou, à Paris © AFP / Thomas Samson

"Si nous voulons sauver des vies, il faut prendre de grandes décisions, et les prendre aujourd'hui, ou au plus tard demain", a prévenu ce vendredi Philippe Juvin. Face à la saturation du système de santé francilien, le chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris appelle à mettre en place "un pont aérien et un pont ferroviaire" entre l'Ile-de-France et les régions moins touchées par l'épidémie de coronavirus, mais aussi vers tous les pays de l'Union européenne. 

"Il est assez probable que dans les prochaines heures ou les prochains jours, il n'y ait plus de lit de réanimation en Ile-de-France", a prévenu le médecin sur TF1, au journal de 13H. Afin de libérer des lits pour les patients qui continuent d'affluer, la seule solution est de transférer "massivement dès aujourd’hui de nombreux patients à la fois dans des régions où l’on pense que l’épidémie n’arrivera pas avant quinze jours ou trois semaines, mais aussi partout en Europe", estime Philippe Juvin. "Il faut organiser un pont aérien, un pont ferroviaire".

"Il faut contacter toutes les capitales européennes et leur demander leurs possibilités d’accueillir nos patients. L’Union européenne doit servir à ça."

"Faire cesser les querelles entre petits chefs"

Le chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou réclame également de "l'agilité dans la prise de décision". "Il faut faire cesser les ordres et contre-ordres, les querelles entre administrations, entre petits chefs."

En Ile-de-France, les chiffres liés à l'épidémie de coronavirus sont désormais "vertigineux", a déclaré ce vendredi 27 mars le directeur de l'Agence régionale de santé. Dans son dernier bilan, 1 300 personnes se trouvaient en réanimation alors que la région dispose de 1 500 lits en réanimation dédiés au Covid-19.

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