Ces dernières semaines, les réseaux sociaux fleurissent d'images d'animaux sauvages s'aventurant dans des villes dont les habitants vivent confinés. D'un bout à l'autre de la planète, la faune se réapproprie des espaces urbains libérés des piétons et de la circulation.

Qui aurait jamais imaginé voir deux daims déambuler dans une rue de Boissy-Saint-Léger
Qui aurait jamais imaginé voir deux daims déambuler dans une rue de Boissy-Saint-Léger © AFP / Handout / Christophe LEGRAND

Ce sont des images rares, visionnées près de deux millions de fois en moins de 24 heures. En plein centre ville de Boissy-Saint-Léger (94) deux daims majestueux se promènent tranquillement en plein jour et s'engouffrent dans la rue principale de la ville. 

Ces quelques secondes durant lesquelles le temps semble suspendu ont été saisies par Christophe Legrand, un paysagiste installé depuis cinq ans dans la commune du Val-de-Marne. Le jeune homme explique s'être levé tôt le dimanche de Pâques et avoir ouvert les fenêtres pour profiter de l'air frais et du silence créé par le confinement : "Vers 8h du matin, je préparais mon petit-déjeuner dans ma cuisine qui donne sur la rue, quand j'ai entendu des bruits étranges. Des bruits de sabots, mais qui ne sonnaient pas comme des sabots de chevaux." 

Christophe ne s'attendait pas à ce que sa vidéo, partagée des centaines de milliers de fois, obtienne un tel succès. Attaché à la biodiversité, le paysagiste confie avoir eu l'impression de revivre une scène de "Je suis une légende", film hollywoodien dans lequel la population mondiale décimée a laissé la place à la faune sauvage. 

"Je me suis dit que c'était un joli cadeau de la nature", confie Christophe Legrand. "Cela pose aussi la question de la place de la nature en ville. C'est étonnant de voir à quelle vitesse elle est revenue, alors que nous ne somme confinés que depuis quatre semaines."

Recherche de nourriture

Émerveillé lui aussi par cette vidéo, Régis Charbonnier, maire PS de Boissy-Saint-Léger explique que les deux daims en goguette viennent du Domaine du Piple, dont une centaine d'hectares est enchevêtrée dans la ville. Le domaine abrite une centaine de daims et il n'est pas rare d'en apercevoir la nuit le long de la départementale. Il arrive qu'ils se regroupent auprès d'un abribus proche d'une poubelle, ce qui fait dire au maire que cette promenade en centre-ville est peut-être motivée par de la recherche de nourriture. "Malheureusement, personne n'avait prévenu les daims que la pizzeria que l'on voit sur les images était fermée pour cause de confinement" s'amuse l'édile.

Si la situation prête à sourire, le coronavirus impacte réellement la vie de certains animaux sauvages. Au Japon, les cerfs de Nara, habituellement nourris par les touristes, se ruent en ville par centaines pour trouver de la nourriture. Scène surréaliste également à Lopburi en Thaïlande où des hordes de singes privés de la nourriture offerte par les touristes s'affrontent pour ce qui semble être un pot de yaourt.  

En France, la présence de daims dans des rues désertes ne pose aucun problème de sécurité, mais ce n'est pas le cas sous d'autres latitudes, à l'image de ces caïmans qui s'approchent dangereusement des habitations à Porto Velho dans l'est du Brésil. Joint par France Inter, l'auteur de la photo explique l'avoir prise le 4 avril : "Au bout de ma rue, il y a une forêt, traversée par un fleuve. Habituellement, les serpents et les caïmans y restent. Mais ces derniers jours, ils se promènent tranquillement dans la rue." 

Rodrigo Barros explique que les habitants ne s'approchent pas des caïmans, conscients de leurs dangerosité. Et que de toute façon, au Brésil depuis le 23 mars, chacun reste chez soi pour éviter un autre danger mortel : le coronavirus.

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