"Ma boulangère est mieux équipée en masques que nous", "Puis-je utiliser Skype pour téléconsulter ?", "Faut-il arrêter les conjoints de malades immunodéprimés ?" : sur Twitter, les messages postés par les médecins généralistes, en première ligne face au coronavirus, traduisent parfois le désarroi de la profession.

Consultation d'un médecin généraliste
Consultation d'un médecin généraliste © Maxppp / Luc Nobout

Ils sont désormais en première ligne face à l’épidémie de coronavirus. Car la consigne est claire, désormais : à moins de présenter des symptômes graves, de type troubles respiratoires (auquel cas il faut appeler le 15), les malades doivent en premier lieu contacter leur médecin généraliste. Alors dans tous les cabinets médicaux de l'hexagone, c'est le branle-bas de combat pour gérer l'afflux de patients et la somme des inquiétudes. Des interrogations qui trouvent largement écho sur les réseaux sociaux, sous le hashtag "doctoctoc".

#rendezlesmasques

Beaucoup de médecins s'indignent de ne pas avoir de masques en nombre suffisant pour se protéger. "Vous aussi vos patients sont mieux équipés en masque (sic) que vous ?", interroge une généraliste sur Twitter. 

"Oui scène surréaliste au cabinet : deux patients en salle d'attente non malades avec des FFP2 et nous, on consulte avec un masque chirurgical", lui répond, amère, une consoeur. Un autre renchérit : 

Ma boulangère est mieux équipée que nous. Elle m’a même proposé de prendre les siens...

Enchaîner les consultations avec un masque sur le visage pose aussi d'autres questions. "Est ce que depuis que vous bossez avec un masque, vous avez plus de maux de tête ? Et est ce que vous y voyez un lien ?". Sans parler des protections distribuées en 2009 lors de la campagne contre la grippe H1N1 : 

Face aux tutoriels partagés sur les réseaux sociaux pour confectionner des masques en tissu, cette praticienne s'interroge : 

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Les téléconsultations, plongée en territoire inconnu

Face au Covid-19, les téléconsultations s'emballent. Un changement de paradigme pour de nombreux praticiens, encore peu à l'aise avec ces pratiques. "Est-ce que je peux utiliser Skype pour télé-consulter ?", écrit Doc'cigale sur Twitter. 

"Un site de téléconsultation où les gens ne sont pas obligés de mettre leur numéro de carte bancaire ? Car pour moi, y'en a certains que ça dérange !!!", demande une médecin. "Des nouvelles pour la prise en charge à 100% de la téléconsultation ?", interroge un autre généraliste.

Échange de bons conseils

Pour des médecins parfois isolés, les réseaux sociaux s'avèrent également être un outil précieux dans la recherche de conseils auprès des confrères . "Patient 70 ans, diabétique hypertendu. Fatigue brutale apparue il y a 5 jours puis fièvre depuis persistante. Toux depuis hier (...). Coronavirus ou pas, comment savoir ?", peut-on lire par exemple.

Faut-il arrêter les conjoints de malades immunodéprimés ? Que répondre à une caissière, exposée aux clients à longueur de journée, qui réclame un arrêt de travail ? Comment prescrire des masques à des patients fragiles qui ont besoin de se rendre à l'hôpital pour leur chimiothérapie ? 

Autant de questions qui traduisent souvent le désarroi de la profession. 

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