L'étude, menée sur des patients atteints de formes peu sévères du Covid-19, montre que la perte de l'odorat est un marqueur qui doit alerter. Les chercheurs rapportent aussi que les femmes seraient plus touchées par la perte d'odorat.

Les femmes atteintes du Covid-19 présenteraient plus souvent une perte d'odorat que les hommes.
Les femmes atteintes du Covid-19 présenteraient plus souvent une perte d'odorat que les hommes. © AFP / Nicola Vigilanti

Depuis début avril, on sait que la perte du goût (agueusie) et de l’odorat (anosmie) sont des symptômes possibles du coronavirus, grâce à une étude lancée par l’hôpital Foch à Paris qui avait donné ses résultats préliminaires. Un mois et demi plus tard, voici donc les résultats définitifs. Ils confirment que la perte de gout et de l’odorat est un marqueur important de la maladie, reconnu désormais par l’Organisation Mondial de la Santé (OMS), qui l’a ajouté à la liste des autres symptômes.

L'analyse a été menée par plus de cinquante médecins ORL et chercheurs de dix-huit hôpitaux européens, qui ont passé au peigne fin les résultats de 1420 patients (contre 417 pour l’étude préliminaire). Les patients observés sur cette première étude européenne présentent des formes non sévères de la maladie. Près de 70% sont des femmes, avec un âge moyen entre 40 et 50 ans.

Un symptôme important et spécifique

Selon les observations menées, la perte de l'odorat est présente dans 70% des cas chez ces patients, soit le premier symptôme identifié à égalité avec les maux de tête, devant l'obstruction nasale (68%) et la toux  (63%). À tel point que les personnes qui observent ces signes devraient consulter rapidement voire observer un isolement, car elles sont certainement positives. 

Si cette étude définitive vient corroborer des constats initiaux des chercheurs, elle montre aussi que, contrairement à ce que disait l'étude préliminaire, la perte d’odorat n'est associée ni à une obstruction nasale, ni à une rhinorrhée (écoulement nasal). L’anosmie est donc bien un symptôme spécifique de l’infection au Covid-19.

Les femmes plus touchées par cette perte d'odorat

Autre constat : les femmes se défendraient mieux contre les infections et présenteraient plus souvent une perte d'odorat que les hommes, tout comme des maux de tête, une obstruction nasale ou de la fatigue. Les hommes, quant à eux, souffriraient plus fréquemment de toux et de fièvre.

Ces manifestations, chez les plus jeunes patients, étaient accompagnées de troubles ORL, de maux de gorge, de toux, alors que les plus âgés ressentaient plutôt de la fatigue et de la fièvre.

Les Chinois moins atteints par la perte d'odorat

Les scientifiques ont également échangé avec leurs homologues chinois sur ce phénomène. Il semblerait que les Chinois soient souvent moins atteints, ce qui s’expliquerait par des différences génétiques entre les populations asiatiques et européennes, ou encore par de possibles mutations du virus.

La bonne nouvelle c’est que ces symptômes finissent par disparaître : au moins la moitié des patients récupèrent leur odorat au bout de deux à trois semaines. 

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