Si l’on écoute comme on nous parle, il y aurait donc ici et là des "couacs"... Ségolène Royal et Vincent Peillon qui se disputent la direction de leur courant – "couac au PS" ! Rama Yade et Roselyne Bachelot pas d’accord sur les exonérations fiscales dans le sport – "couac gouvernemental" ! Bernard Kouchner et Eric Besson pas d’accord sur les expulsions en Afghanistan – "nouveau couac gouvernemental" ! Le "couac" est semble-t-il une grande spécialité de la politique... "Couac" à droite, "couac" à gauche, "couac" au centre... Mais on nous a dit "couac" aussi pour la campagne de vaccination contre la grippe – "couac" sanitaire. Et "couac" footballistique pour la qualification de la France pour la Coupe de Monde... Là, c’est la main de Thierry Henry qui a fait "couac". Comme si l’on pouvait faire "couac" avec la main... Dans le langage courant, c’est plutôt en musique que l’on emploie le terme. Un clarinettiste qui rate un bémol ou un dièse, ça fait "couac" ! Madonna qui chante en direct – là c’est une succession de "couacs"... Le "couac" étant donc une fausse note, un canard. D’ailleurs, d’emblée, c’est au canard qu’on pense dès que l’on entend "couac". Le canard qui, pourtant, ne fait pas "couac", non : normalement, le canard fait "coin-coin", ce qui n’est pas plus mélodieux… Quoique... Peut-être, du coup, pourrait-on parler d’un "coin-coin au PS" ou d’un "coin-coin gouvernemental"... Les sénateurs qui veulent revenir sur la baisse de la TVA dans la restauration : "Nouveau coin-coin au palais du Luxembourg" ! Ça claquerait bien à la télé, à la radio... D’autant que les journalistes adorent les onomatopées. Comme les chanteurs précisément. Trenet a fredonné que son cœur faisait "boom". Dutronc a susurré qu’il avait un joujou extra qui faisait "crac boum hue". Gainsbourg a proposé aux filles de venir faire avec lui des "shebam" et des "wizz"... Signe que finalement, c’est très musical de s’exprimer ainsi. Et puis surtout c’est efficace, parce que c’est imagé : il suffit d’un seul mot pour qu’on comprenne tout de suite. Un truc qui marche, on dit que ça fait du "buzz" - le bruit du bourdonnement des abeilles, un truc qui ne marche pas, on dit que ça fait "pschitt" - le bruit d’un ballon qui se dégonfle. "Pschitt", on le doit beaucoup à Jacques Chirac. Et à son successeur, on doit l’apparition du style présidentiel "bling-bling", le bruit de la chaîne en or contre la Rolex. Un style qui d’ailleurs a lui-même provoqué de très nombreux "couacs"... Du coup, faîtes attention à ce gimmick : dès que vous entendez "couac", dîtes-vous que celui ou celle dont on vous parle mériterait sans doute de se retrouver au coin-coin ! Chronique "Gimmick" du 26/11/09 dans "Comme on nous parle"

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