L'Agence nationale de sécurité sanitaire confirme la présence de substances chimiques dans nombre de couches culottes, à des seuils potentiellement dangereux pour les bébés. Elle recommande de les interdire et de mieux contrôler les produits vendus. Le gouvernement exige sous 15 jours des "engagements" des fabricants.

L'Anses demande un renforcement du contrôle des substances chimiques dans les couches.
L'Anses demande un renforcement du contrôle des substances chimiques dans les couches. © Maxppp / Anne-Sophie Bost

Les conclusions de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) ne sont pas pour rassurer les parents. Elle confirme que les couches jetables à usage unique, portées par la majorité des petits bout de choux français, contiennent bien des substances chimiques à des doses supérieures aux seuils sanitaires admis.

Elle confirme en cela ce que le magazine 60 Millions de Consommateurs, relayant une étude de l'Institut National de la Consommation (INC), signalait dès 2017.  "Il peut s'agir de substances ajoutées intentionnellement dans les couches comme des substances parfumantes, qui peuvent provoquer des phénomènes d'allergies cutanées chez les bébés", précise Gérard Lasfargues, Directeur général délégué à l'Anses. 

On ne peut pas exclure un risque sanitaire pour les bébés.

Certaines substances proviennent de matières premières contaminées. "Cela peut être des pesticides interdits... On a retrouvé du glyphosate", s'inquiète le Professeur. D'autres se glissent dans le processus de fabrication, comme "les PCB, les dioxines ou les furanes",  des dérivés chlorés qui "proviennent vraisemblablement des procédés de blanchiment des couches", suppose-t-il. Un dangereux cocktail, puisque la toxicité de ces produits provient souvent de leur accumulation dans l'organisme. Or, chaque bébé porte "environ 4 000 couches (...) au cours de trois premières années de sa vie", rappelle l'Agence. "On ne peut pas exclure un risque sanitaire pour les bébés", prévient Gérard Lasfargues.

L'Anses formule des recommandations

L'Agence nationale de sécurité sanitaire "demande aux industriels et aux pouvoirs publics de prendre des mesures sans attendre". Les premiers doivent "réduire au maximum la présence de ces substances dans les couches", mais aussi "donner des informations claires et transparentes aux consommateurs" à travers l'étiquetage, "de façon à ce qu'ils puissent choisir les produits les plus sûrs". Les seconds sont exhortés à "renforcer le contrôle des substances chimiques" et à"porter des mesures réglementaires de restriction", au niveau national et européen.  Il est aujourd'hui possible, grâce au règlement REACh (Enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques), d'obliger les fabricants à réduire ou à éliminer les substances dangereuses, voire de mettre en place des restrictions sur des articles tels que des couches. Pour cela, l'État français doit déposer un dossier auprès de REACh. Il faudrait alors attendre au minimum 18 mois avant d'obtenir une décision de la Commission Européenne. 

Des recommandations que le gouvernement a entendu. Dans un communiqué commun, les ministères de la Santé, de l'Économie et de la Transition écologique exigent "des fabricants et des distributeurs qu'ils prennent avant 15 jours des engagements pour éliminer ces substances des couches pour bébé". Les ministères soulignent qu'il n'y a pas de "danger grave et immédiat", mais Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, à précisé qu'il "est évident que nous ne tolérerons pas que ça dure pendant des mois et des mois". 

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