Après la publication d’un avis préoccupant de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail sur les couches pour bébé, les fabricants s’engagent à ce qu’on n’y retrouve plus de produits toxiques.

Les fabricants de couches pour bébé ont pris l'engagement de retirer d'ici trois mois toutes les substances toxiques de leurs produits.
Les fabricants de couches pour bébé ont pris l'engagement de retirer d'ici trois mois toutes les substances toxiques de leurs produits. © Maxppp /

Les trois premières années de sa vie, un bébé porte 4.000 couches en moyenne. Mais est-ce dangereux pour sa santé ? Pour la première fois au monde, un organisme s’est penché sur la question et le 23 janvier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail (ANSES) a publié un avis préoccupant. Sur les 23 marques de couches analysées, toutes comportaient au moins une des 26 substances allergènes listées par le règlement européen des produits cosmétiques. L'ANSES a également retrouvé des produits cancérogènes.

François de Rugy, ministre de la Transition écologique, a donc sommé les fabricants à prendre des engagements au plus vite. Ce qu'ils ont fait ce vendredi matin auprès de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Plus aucune trace d'allergènes dans trois mois

Dans trois mois maximum, les fabricants de couches promettent qu’il n’y aura plus aucune trace de substances allergènes. Depuis deux enquêtes du magazine 60 millions de consommateurs, en 2017 et 2018, des progrès ont pourtant été faits assure Valérie Pouillat du syndicat Group’Hygiène qui représente les trois quarts du marché des couches en France. "Nos fabricants ne mettent déjà plus de parfum dans les couches, dit-elle. C’était malgré tout important de renouveler un engagement qui concerne les substances qui peuvent présenter des effets allergisants cutanés."

L’ANSES mènera des analyses dans six mois pour vérifier si cet engagement est respecté mais il reste le problème des substances classées cancérogènes probables.

La question des hydrocarbures aromatiques polycycliques n'est pas réglée

L’avis rendu fin janvier montre la présence notamment d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, les HAP. Les fabricants ne connaissent pas exactement l’origine de ces molécules. Elles pourraient venir du processus de fabrication tel que l’assemblage de l’élastique sur les couches par exemple.

Un audit est en cours et doit être rendu public au mois de juillet. En attendant, pour éviter tout risque, des fabricants s’engagent à maîtriser toute la chaîne de production. C’est le cas de Lotus Baby : "Sur nos lignes de production, on réalise plus d’un million de tests de contrôle par an", assure le directeur de la communication de la marque, Marc Specque. Pour rassurer les parents, les fabricants s’engagent enfin d’ici trois mois à lister la composition de leurs couches sur leur site internet et d’ici six mois, à l’inscrire sur les emballages.

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