Ce samedi, une nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes" est prévue. A Bordeaux, où des débordements ont eu lieu à plusieurs reprises, les syndicats de police ont écrit aux directions nationales de la police et de la sécurité publique pour demander "une réponse précise et cohérente" à ces exactions.

Acte III des Gilets jaunes : feu de poubelles devant la cathédrale, sur la place Pey-Berland à Bordeaux (Gironde), en début de soirée. 1er décembre 2018.
Acte III des Gilets jaunes : feu de poubelles devant la cathédrale, sur la place Pey-Berland à Bordeaux (Gironde), en début de soirée. 1er décembre 2018. © Radio France / Camille Huppenoire

"Plus de 200 fonctionnaires de police de Bordeaux sont mobilisés tous les samedis depuis 15 samedis, où ils ne se reposent pas, où ils viennent au combat, recevoir des boules de pétanque, des pavés, des bombes agricoles, des feux d'artifice" : les policiers bordelais sont épuisés, selon Eric Marrocq, le secrétaire régional du syndicat Alliance police nationale en Nouvelle Aquitaine. Vendredi, à la veille d'une nouvelle journée d'action des "gilets jaunes", son syndicat ainsi que Unsa-Police ont saisi le directeur général de la Police nationale Éric Morvan et le directeur central de la Sécurité publique Jean-Marie Salanova pour réclamer des moyens de lutte plus efficaces contre ce qu'ils qualifient de "guérilla urbaine". 

"Nous avons dit à monsieur Morvan _tout le mal-être des policiers bordelais_, toute leur colère, leur fatigue et surtout leur exaspération face à cette violence à laquelle ils font face depuis le 17 novembre 2018 à Bordeaux, capitale provinciale avec Toulouse des violences" commises "à l'occasion des manifestations des 'gilets jaunes'", précise-t-il pour ne pas faire d'amalgame. 

"Nous sommes stigmatisés"

"Aujourd'hui, comme j'ai expliqué à nos confrères, nous sommes formés pour des manifestations déclarées où nous avons des interlocuteurs, où il y a un service de sécurité. Là, dans les manifestations des 'gilets jaunes', il n'y a plus personne. Les manifestations ne sont pas déclarées, se transforment très rapidement en attroupements. Elles sont infiltrées par des mouvements factieux et politisés, qui ne sont là que dans un seul et unique but : casser du mobilier urbain, dégrader et venir au contact des policiers pour casser du flic", déplore-t-il. 

Selon Eric Marrocq, l'organisation de la police est cohérente, ce sont les méthodes de maintien de l'ordre qui ne le sont plus : "On a quasiment dix blessés en moyenne par samedi, et en plus nous sommes stigmatisés à cause de l'usage des LBD, des violences policières. Les réseaux sociaux s'enflamment, il y a des graffitis contre des officiers de Bordeaux reconnus pour leur professionnalisme. Aujourd'hui on dit stop, ça ne peut plus durer". 

"Les purs et durs, on ne les arrête pas"

D'autant que le représentant syndical avance qu'on "arrête rarement les bons". "On arrête souvent des 'gilets jaunes', des gens qui sont là et qui sont en périphérie de la manifestation. _Mais les purs et durs que nous connaissons, qui sont identifiés avant les manifs, on ne les arrête pas, parce qu'ils sont rodés aux techniques de guérilla urbaine_, ils savent se dérober, ils savent s'en aller, et on leur court après pendant des heures", assure-t-il. 

S'il appelle les politiques à donner une réponse à leur appel, il affirme toutefois ne pas être forcément favorable à une interdiction pure et simple des manifestations. "Interdire une manifestation, ça posera la question : comment nous allons traiter les 'gilets jaunes' qui vont venir de facto sur la voie publique, est-ce qu'on va tous les arrêter ? Et on va remplir le commissariat ? A Bordeaux on est sur des volumes de 5 000 à 7 000 personnes tous les samedis. Il n'y a pas 5 000 à 7 000 casseurs : il y en a 100 à 200", explique-t-il

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