Des gilets jaunes voient dans la fusillade de Strasbourg un "coup monté" ou une "manipulation" de la part du gouvernement pour étouffer leur mobilisation. En réponse, d'autres militants les appellent à ne pas verser dans le complotisme pour éviter les divisions du mouvement.

Dans une vidéo publiée sur Facebook, le "gilet jaune" Maxime Nicolle a mis en doute la possibilité d'un attentat
Dans une vidéo publiée sur Facebook, le "gilet jaune" Maxime Nicolle a mis en doute la possibilité d'un attentat © Capture d'écran

Les messages postés sur cette page ont été si nombreux que mercredi à la mi-journée, 'cron censées calmer la mobilisation des "gilets jaunes" a été suivie, sur Facebook, de nombreux commentaires criant au "complot" ou à la "manipulation du gouvernement".

"Dites-vous bien que le mec qui veut faire un attentat, il n'attend pas qu'il y ait 3 personnes dans la rue le soir à 20h"

L'une des réactions les plus visibles de "gilets jaunes" dénonçant une manipulation, c'est la vidéo diffusée par le "gilet jaune" Maxime Nicolle sur Facebook, une des figures les plus populaires du mouvement. Dans l'extrait que reprend sur Twitter l'Observatoire du conspirationnisme, le "gilet jaune" émet des doutes sur l'authenticité de ce qui s'est passé à Strasbourg.

"Coup monté"

Une autre internaute parle sans détour de "coup monté", certaine que "ça vient de notre État".

Capture d'écran des échanges entre "gilets jaunes" sur le groupe Facebook "La France en colère !!!"
Capture d'écran des échanges entre "gilets jaunes" sur le groupe Facebook "La France en colère !!!"

"L'attentat n'a-t-il pas été provoqué par l'État pour mettre la France en opération sentinelle" demande également Yvan, un autre "gilet jaune" : "si les 'gilets jaunes' manifestent, nous serions repoussés par notre armée sous prétexte de risque d'attentat, mais aux yeux du monde, l'État n'aurait pas fait appel à l'armée pour nous." Une hypothèse approuvée par Danielle, une autre "gilet jaune", ou encore Coton, qui parle d'un "clap de fin" pour les "gilets jaunes" et l'occasion de "redorer l'image de nos élites et des forces de l'ordre".

Capture d'écran d'échanges entre "gilets jaunes" dans le groupe Facebook "La France en colère !!!"
Capture d'écran d'échanges entre "gilets jaunes" dans le groupe Facebook "La France en colère !!!"
Capture d'écran d'échanges entre "gilets jaunes" dans le groupe Facebook "La France en colère !!!"
Capture d'écran d'échanges entre "gilets jaunes" dans le groupe Facebook "La France en colère !!!"

Dans la soirée, dans le groupe "La France en colère !!!" qui rassemble le plus grand nombre d'abonnés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" (303 000), l'un des administrateurs a appelé au calme, craignant que les théories complotistes ne divisent les militants.

Les messages postés sur cette page ont été si nombreux que mercredi à la mi-journée, l'une des administratrices de la page a annoncé d'abord la suspension temporaire des publications (revenue à la normale entretemps), puis l'interdiction de toute publication qui lierait l'attaque de Strasbourg à la mobilisation des "gilets jaunes", "par respect pour les victimes". 

Le message appelant à ne plus poster de publications en lien avec l'attaque de Strasbourg.
Le message appelant à ne plus poster de publications en lien avec l'attaque de Strasbourg. / Capture d'écran

Dans les échanges, les "gilets jaunes" restent partagés entre ceux qui demandent "de virer tout" ce qui a trait à la fusillade de Strasbourg et ceux qui soupçonnent le gouvernement de "détourner l'information". "Faut arrêter avec vos théories conspirationnistes" répond un autre "gilet jaune" : "Les islamistes veulent notre perte, ils ont commencé avant les 'gilets jaunes' et continueront à tuer des innocents après".

Capture d'écran des échanges entre "gilets jaunes" sur le groupe Facebook "La France en colère !!!"
Capture d'écran des échanges entre "gilets jaunes" sur le groupe Facebook "La France en colère !!!"

Soupçons de tweets et d'articles antidatés

L'autre élément sur lequel s'appuient les partisans de la théorie du complot, c'est un tweet d'Emmanuel Macron où le chef de l'État rend hommage aux victimes de la fusillade de Strasbourg. Dans l'image relayée, les internautes pointent l'horaire du tweet, laissant supposé que le message aurait été publié avant l'heure de la fusillade.

Capture d'écran d'échanges entre "gilets jaunes" dans le groupe Facebook "La France en colère !!!"
Capture d'écran d'échanges entre "gilets jaunes" dans le groupe Facebook "La France en colère !!!"

L'Agence France Presse a rapidement expliqué pourquoi cette image ne constitue en aucun cas une preuve. Le tweet publié par le chef de l'État date de cette nuit, 1h55 du matin heure française.

Néanmoins, l'heure affichée peut être différente, en fonction du réglage d'un compte Twitter. La cellule "fact-checking" de l'AFP rappelle qu'un compte nouvellement créé est configuré par défaut sur le fuseau horaire de la côte ouest des États-Unis, expliquant le décalage observé.

Depuis le début de la mobilisation, les "gilets jaunes" sont pollués par de fausses informations qui viennent brouiller les messages et les revendications des militants mobilisés. Cela a été particulièrement visible avec cette fausse rumeur selon laquelle la France pourrait passer sous administration de l'ONU en signant le pacte de Marrakech.

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