Voitures incendiées, tentatives d'effraction ou coup de feu tirés près du domicile de certains élus LREM... En marge du mouvement des "gilets jaunes", plusieurs députés ont été directement et personnellement visés par des actes violents ou malveillants.

L'Assemblée nationale
L'Assemblée nationale © AFP / BERTRAND GUAY

Plusieurs élus se sont dits inquiets dimanche après deux samedi de vives tensions au cours desquelles des dégradations et des actes de vandalismes ont visé plusieurs députés, principalement issus de la majorité.

Le député LREM Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, a appelé au calme, tout comme le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et la députée LREM Amélie de Montchalin.

Coups de feu devant le domicile de Bruno Questel dans l'Eure

Tous les trois ont condamné des actes de violence ou de vandalisme à l'encontre d'élus, après que le député "marcheur" de l'Eure Bruno Questel a rapporté le tir de coups de feu au fusil de chasse devant son domicile vendredi soir, suivi de tentatives d'intimidation. Richard Ferrand a notamment dénoncé "une horde de gens avinés portant gilets jaunes et tirant avec une arme à feu des cartouches". Il appelle à ce que ces personnes soient "arrêtées et poursuivies".

Le député rapporte, au micro de nos confrères de France Bleu, "six tirs au fusil de chasse", vendredi soir vers 23h, avant qu'il ne sorte de son domicile et y découvre une vingtaine de voitures et une quarantaine de personnes. Selon France 3, il s'agit de militants rassemblés à un rond-point situé à proximité du domicile de l'élu. D'après Bruno Questel, plusieurs hommes et femmes ont tenté de s'introduire chez lui et ce sont les gendarmes présents non loin qui ont pu éviter que la situation ne dégénère.

Le député s'était déjà ému, une semaine plus tôt, d'avoir reçu des "menaces de mort par mail", ou encore "des lettres de haine".

La permanence de l'Insoumise Caroline Fiat vandalisée

À Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, ce sont des agriculteurs de la FDSEA, la section départementale du principal syndicat agricole en France, qui ont déversé deux remorques de fumier devant la permanence de la député de la France insoumise, Caroline Fiat, vendredi soir. 

Voiture incendiée et permanence taguée

Il y a une semaine, le 8 décembre, c'est la voiture de la députée LREM de Dordogne Jacqueline Dubois qui a été incendiée, ainsi que celle de son mari, devant leur domicile. Mais l'élue avait appelé à faire "la part des choses" et à "ne pas accuser les 'gilets jaunes'".

Ce même jour, la permanence du député Marc Delatte, dans l'Aisne, avait été taguée à la bombe, l'appelant à la démission.

Une balle et des menaces de mort pour Benoît Potterie

Le député "marcheur" du Pas-de-Calais Benoit Potterie a déposé plainte le 7 décembre après avoir reçu vendredi une balle par courrier à sa permanence. Elle était accompagnée d'un message manuscrit : "La prochaine fois tu la prends entre les deux yeux."

Un autre député a confié avoir été victime d'intimidation physique. Dans Le Parisien, le "marcheur" Florian Bachelier, élu en Ille-et-Vilaine, a confié s'être retrouvé, en sortant de chez lui à Rennes "à 7h30 du matin [...]" face à "un gomme cagoulé posté chez [lui]" lui demandant, "sans ambiguïté", de cesser de défendre la politique d'Emmanuel Macron.

Un homme cagoulé "sans gilet jaune" vandalise la permanence de la députée LREM Claire O'Petit

Une autre élue LREM de l'Eure a elle aussi déploré le vandalisme de sa permanence. La députée Claire O'Petit, à Vernon, a porté plainte après avoir constaté des dégradations survenues jeudi 29 novembre au soir, à coup de masse. L'élue n'hésite pas à dénoncer "un acte terrible de violence", tout en relayant le témoignage d'une passante qui dit avoir vu un homme en noir, cagoulé et ganté, ne portant pas de gilet jaune.

Le 23 novembre dernier, c'est la députée LREM de l'Aude Mireille Robert qui dénonçait l'irruption dans son domicile d'une quarantaine de "gilets jaunes".

À Noyon, dans l'Oise, pas de dégradations mais des "gilets jaunes" accrochés sur les façade de la permanence de la députée LREM Carole Bureau-Bonnard, le 22 novembre.

En revanche, le message était bien plus lugubre pour le député Olivier Gaillard, dans le Gard. Le macroniste a vu déposer un cercueil avec une pancarte "Macron, Gaillard : dehors" devant sa permanence, alors qu'il devait rencontrer des "gilets jaunes".

Huit décès liés à la mobilisation

La mobilisation des "gilets jaunes" a également fait une septième et une huitième victime samedi, dans l'Aisne et en Belgique. Un jeune homme en état d'ébriété a emprunté samedi une route nationale à contresens, la RN12, pour éviter un barrage. Il est entré en collision avec un autre véhicule, blessant mortellement son épouse. En Belgique, ce même samedi, c'est en heurtant un poids-lourd bloqué sur un barrage qu'un autre conducteur se tue.

Le 17 novembre, lors du premier samedi de mobilisation, une "gilet jaune" est décédée après avoir été renversée par une automobiliste qui, paniquée, a tenté de forcer le barrage d'un rond-point à Pont-de-Beauvoisin, en Savoie. Une semaine plus tard, le 20 novembre, un motard est décédé après avoir percuté une camionnette à l'approche d'un barrage à Portes-les-Valence. Le 2 décembre, une dame de 80 ans est décédée à l'hôpital après avoir été touchée la veille, à son domicile, par un tir de grenade lacrymogène lors de la manifestation à Marseille des "gilets jaunes. Le même jour, le conducteur d'une fourgonnette succombe à ses blessures après avoir percuté un poids-lourd immobilisé par des manifestants près d'Arles.

Le 10 décembre, à Chasseneuil dans l'Indre, une conductrice se tue en s'encastrant sous un poids-lourd stoppé par un barrage. Dans la nuit du 12 au 13 décembre, à Avignon, un routier polonais croît être agressé et renverse un "gilet jaune" de 23 ans qui tente de lui barrer l'accès à un rond-point. 

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