Après l'annonce d'un couvre-feu avancé à 18 heures dans 15 départements de l'Est de la France, deux soignants de Moselle et de Meurthe-et-Moselle réagissent à cette nouvelle mesure. "Il est tout à fait logique que l'on fasse partie des départements concernés par ce renforcement", estime l'un d'entre eux.

François Braun, médecin au CHR de Metz-Thionville et président du Samu Urgences de France et Christian Rabaud, professeur de maladies infectieuses à l'hôpital de Nancy.
François Braun, médecin au CHR de Metz-Thionville et président du Samu Urgences de France et Christian Rabaud, professeur de maladies infectieuses à l'hôpital de Nancy. © Maxppp / PhotoPQR

Le couvre-feu à 18h entre en vigueur samedi soir dans 15 départements, comme annoncé vendredi par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Parmi eux, une majorité se situent dans le quart Nord-Est, précisément dans les régions Grand Est et Bourgogne Franche-Comté où les taux d'incidences sont les plus élevés de France et où les malades affluent dans les hôpitaux. Le critère choisi est celui du seuil de 250 personnes positives pour 100.000 habitants sur sept jours. 

La Meurthe-et-Moselle, où l'épidémie reprend de l'ampleur et de la vitesse, fait notamment partie de la liste. Le département cochait toutes les cases pour un renforcement du couvre-feu. "Il est tout à fait logique que l'on fasse partie des départements concernés par ce renforcement", estime Christian Rabaud, professeur de maladies infectieuses à l'hôpital de Nancy, représentant des médecins du CHRU, qui accueille avec satisfaction cette mesure. 

Grande tension hospitalière

"Notre hôpital est déjà saturé. On a plus de 170 patients Covid hospitalisés actuellement au CHRU de Nancy et nos services réanimation, c'est pareil, sont pour plus de deux tiers occupées par des patients Covid", explique-t-il à France Inter. "On sent qu'on est à nouveau dans une zone de grande tension."

ll n'est pas le seul à accueillir cette nouvelle mesure de façon positive. Il fallait en passer par là, juge François Braun, médecin au CHR de Metz-Thionville (Moselle), président du Samu-urgences de France : "On parle beaucoup du virus qui circule. Mais en fait, ce n'est pas le virus qui circule, c'est nous qui circulons en étant porteurs du virus. Donc c'est évident que tout ce qui limitera les circulations limitera l'étendue de la contamination par ce virus."

"La moindre vaguelette suffirait à nous submerger." 

Tous constatent que le second confinement, plus souple que le premier, n'a pas permis de casser de façon aussi efficace la courbe des contaminations et que des mesures supplémentaires étaient nécessaires. Christian Rabaud confirme que lui et ses confrères étaient "dans l'attente" de ces nouvelles mesures mais il "regrette" le "temps perdu avant la mise en place des mesures". "On commence à envisager de nouveau des transferts régionaux de malades", insiste François Braun. "Nous sommes à un niveau qui est très élevé. La moindre vaguelette suffirait à nous submerger."