Il n'est "pas question de baisser la garde", a affirmé jeudi soir le Premier ministre. Le couvre-feu dès 18h est envisagé dans dix nouveaux départements. Musées, théâtres, cinémas, restaurants, équipements sportifs vont rester fermés encore plusieurs semaines dans toute le pays.

Jean Castex, lors de sa conférence de presse jeudi 7 janvier 2021
Jean Castex, lors de sa conférence de presse jeudi 7 janvier 2021 © Capture d'écran

_"La deuxième vague est toujours là"_, a martelé Jean Castex. Et "même si le virus circule légèrement moins en France que chez la plupart de nos voisins, la situation est loin d'être revenue à la normale", a-t-il souligné jeudi soir, lors de son point sur la situation épidémique en France. Selon le Premier ministre, le niveau des contaminations à la Covid-19 "reste élevé", il a même "tendance a augmenter depuis début décembre", avec environ 15.000 nouveaux cas par jour, contre 10.000 mi-décembre. 

La pression sur le système hospitalier est aussi "très forte", a souligné Jean Castex, rappelant que les hôpitaux comptabilisaient 2.500 hospitalisations quotidiennes et 200 admissions en réanimation, "soit une personne toutes les sept minutes".  

Couvre-feu prolongé jusqu'au 20 janvier

Face à cette situation, Jean Castex estime qu'il n'est "pas question de baisser la garde". "Ainsi, nous devons maintenir les mesures et être prêt à les renforcer dès l'instant où cela s'avèrerai nécessaire", indique le Premier ministre. Voici un résumé de ses principales annonces : 

  • Le couvre-feu est prolongé jusqu'au 20 janvier ;
  • Le couvre-feu avancé à 18h, en place dans les 15 départements concernés (et rassemblés dans notre carte), est maintenu ;
  • "Dix départements supplémentaires" pourraient être concernés par ce couvre-feu avancé. Les décisions seront prises d'ici vendredi soir, en concertation avec les préfets, pour entrer en vigueur dimanche ;
  • Toutes les activités ou établissements aujourd'hui fermés le resteront jusqu'à la fin du mois de janvier. Cela concerne les musées, cinémas, salles de spectacles ou équipements sportifs. "Nous ferons un point le 20 janvier avec le secteur de la Culture pour voir s'il est possible de reprendre l'activité à partir de début février", a indiqué Jean Castex ;
  • La perspective de réouverture des bars et des restaurants est reportée a minima jusqu'à mi-février ;
  • "Les remontées mécaniques ne pourront pas non plus rouvrir tout de suite", a ajouté Jean Castex ; 
  • La fermeture des écoles n'est pas envisagée, "il faudrait que la situation soit gravissime" pour le faire, a jugé Castex.
  • À compter du 10 janvier, "pour gagner en efficacité", le Premier ministre a également annoncé qu'une personne ayant des symptômes ou étant cas contact pourra s'inscrire sur le site de l'Assurance maladie pour obtenir un arrêt de travail "immédiat" indemnisé sans jour de carence. "L'Assurance maladie procèdera à un suivi systématique avec deux à trois appels téléphoniques sur 7 jours. Chaque personne déclarée positive se verra proposer à compter du 20 janvier une visite à domicile par un infirmier", a-t-il ajouté.

Les dix nouveaux départements qui pourraient être concernés par le couvre-feu avancé seraient le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Côte-d'Or, l'Yonne, le Cher, l'Allier, la Haute-Savoie, les Alpes-de-Haute-Provence, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône, selon BFMTV. Tous ces départements dépassent ou frôlent un taux d'incidence de 200 cas pour 100.000 habitants. 

Vaccination pour les plus de 75 ans à partir du 18 janvier

Le Premier ministre, et son ministre de la Santé, s'est longuement attardé sur la politique vaccinale de la France. "Oui, notre programme a démarré plus lentement qu'ailleurs", a reconnu Jean Castex. "Mais notre objectif reste de vacciner en priorité le plus vite possible les 15 millions de personnes âgées ou atteintes d'une pathologie chronique." Voici ce qu'il faut retenir sur la stratégie vaccinale : 

  • D'ici fin janvier, les quantités reçues "permettront de vacciner au moins un million de personnes" suivant ainsi le rythme "des productions industrielles" ;
  • 45.000 personnes ont été vaccinées ces cinq derniers jours en France ;
  • La vaccination est désormais ouverte aux personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés et aux personnels de 50 ans et plus qui y travaillent ;
  • La phase 2 de la stratégie vaccinale, qui devait démarrer en février, est avancée : les personnes de plus de 75 ans hors Ehpad pourront être vaccinées en France à partir du lundi 18 janvier après une simple prise de rendez-vous ;
  • "Il y aura un numéro de téléphone" et un site internet, sante.fr, pour orienter les personnes vers les centres de vaccination et indiquer la marche à suivre. L'accès à cette ligne téléphonique et au site Internet sera rendu public jeudi prochain, le 14 janvier ;
  • Pour le vaccin de Pfizer-BioNTech, la deuxième piqure peut être différée "jusqu'à six semaines au lieu de trois" a expliqué Olivier Véran, permettant ainsi de disposer dans un premier temps d'un plus grand nombre de doses pour la première injection ;
  • Ces vaccinations "se dérouleront dans des centres de vaccination" puisque "un centre par département a déjà été ouvert" soit "100 sur le territoire", a précisé le Premier ministre. "A partir de lundi il y en aura 300, puis 600 progressivement jusqu'à la fin du mois de janvier", soit environ six centres par département.

Variant britannique : deux clusters en France, "tous les laboratoires mobilisés"

"Tous les laboratoires sont mobilisés" en France pour traquer la variante du coronavirus découverte au Royaume-Uni et qui est "jusqu'à 70% plus contagieuse", a indiqué le ministre de la Santé. Il a aussi évoqué la variante "encore mal connue" décelée en Afrique du Sud. 

"Nous nous attendons à en identifier davantage", a prévenu Olivier Véran, ajoutant qu'il prenait "la menace du variant anglais et du variant sud-africain très au sérieux", a-t-il dit. Dix-neuf cas de contamination par la variante VOC202012/01 et trois par la variante 501.v2 ont été confirmés jeudi en France.

Pour mieux évaluer la présence du variant britannique à ce jour sur le sol français, "tous les tests PCR douteux" effectués jeudi et vendredi seront séquencés, a-t-il indiqué. Certains tests PCR peuvent donner une indication de la possible présence de ce variant. Le ministre a également évoqué "une surveillance accrue dans les écoles", alors que le variant britannique pourrait plus contaminer les enfants, et des "opérations de dépistage".

Le Premier ministre a rappelé que les frontières avec le Royaume-Uni étaient fermées jusqu'à nouvel ordre et que "seules certaines catégories de personnes" peuvent la franchir, à condition d'être testées avant d'entrer en France.

Sortie de crise "l'été prochain"

"Nous espérons sortir de la crise à l'échéance de l'été prochain", a déclaré jeudi Jean Castex, lors de sa conférence de presse "Une phase nouvelle de la lutte contre la pandémie s'est ouverte et je ne doute pas de notre succès collectif", a ajouté le Premier ministre.