Incidence, nombre de nouveaux cas, positivité, occupation des services de soins critiques, variants et vaccination : voici 10 graphiques clés sur la situation sanitaire actuelle en France.

Voici 10 cartes et graphiques à avoir en tête avant le conseil de défense sanitaire décisif qui doit se tenir mercredi.
Voici 10 cartes et graphiques à avoir en tête avant le conseil de défense sanitaire décisif qui doit se tenir mercredi. © Radio France / X. D.

Le conseil de défense sanitaire de mercredi sera décisif. Le soir même, le chef de l'État pourrait d'ailleurs s'exprimer dans une allocution, avance franceinfo. "Cela lui permettrait de souligner la cohérence de ses décisions depuis janvier", souligne son entourage, alors que la stratégie d'Emmanuel Macron est vivement critiquée par de nombreux médecins, dont l'infectiologue Gilles Pialoux, invité mardi matin sur France Inter. Ce dernier a par exemple dénoncé la situation "déconnante" dans les écoles, que le gouvernement ne souhaite pourtant fermer qu'en "dernière nécessité". Mais dix jours après les premières mesures de reconfinement dans 16, puis 19 départements, que disent les indicateurs de l'épidémie ? 

Le taux d'incidence en hausse

À l'échelle nationale ou bien dans les trois régions actuellement fortement concernées par la reprise de l'épidémie (Île-de-France, Hauts-de-France et Sud-Paca), le taux d'incidence grimpe partout en flèche depuis la mi-mars et sans montrer de réel ralentissement. Il est actuellement de 370 cas pour 100.000 habitants au niveau national, contre 220 cas au début du mois. C'est aussi bien au-dessus de certains de nos voisins européens, comme nous l'indiquions dans un précédent article

C'est dans la région francilienne qu'il est le plus haut avec, au 26 mars, plus de 640 cas pour 100.000 habitants. Un chiffre poussé par les taux du Val-d'Oise ou bien de la Seine-Saint-Denis, département le plus touché de France, qui atteint les 780 cas pour 100.000 habitants. 

24 départements au-dessus du seuil d'alerte le plus haut

Dans le détail, 24 départements ont un taux d'incidence au-dessus de 400 cas pour 100.000 habitants, dernier seuil d'alerte fixé par le gouvernement. On retrouve les 16 départements concernés par le troisième "confinement" ainsi que les trois départements qui les ont rejoint : l'Aube, la Nièvre et le Rhône. Sur sept jours, ce taux est en hausse dans quasiment tous les départements français, particulièrement dans le Doubs, les Vosges, la Haute-Loire, les Hautes-Alpes ou les Alpes-de-Haute-Provence. 

En moyenne, 35.532 nouveaux cas par jour en France

La courbe des nouvelles contaminations est en train de prendre le chemin du début du mois de novembre, avec plus de 35.500 nouveaux cas de Covid repérés par jour (moyenne glissante sur sept jours). Au pic de la deuxième vague, on avait recensé plus de 48.000 contaminations en une journée. 

Le taux de positivité oscille entre 8 et 10%

À l'échelle du pays, environ 8% des prélèvements Covid-19 effectués s'avèrent positifs. Dans le détail, ce taux est actuellement à 8,7% dans la région Sud-Paca, 9,7% dans les Hauts-de-France et 11% en Île-de-France. Il n'augmente pas beaucoup ces derniers jours car le nombre de tests à lui aussi augmenté. 

Alpes-Maritimes : reprise de l'épidémie malgré les mesures

"Les mesures de freinage n’ont quasiment aucun effet, dans les Alpes-Maritimes, l’effet a été très mineur et ça repart", soulignait Gilles Pialoux, mardi matin sur France Inter. Concerné par un confinement le week-end depuis le samedi 27 février, le département a connu une véritable baisse du taux d'incidence passant de 630 cas pour 100.000 habitants le 23 février à un peu plus de 400 cas environ un mois plus tard. Mais depuis quelques jours, la courbe repart effectivement à la hausse avec, au 26 mars, 463 cas pour 100.000 habitants. 

Les soins critiques débordent en Île-de-France

Actuellement, 1 484 patients sont soignés dans les services de soins critiques des hôpitaux franciliens. C'est plus qu'au pic de l'automne qui avait été atteint le 12 novembre avec 1 138 personnes en réanimation. Dans les Hauts-de-France (611 patients) et en région Sud-Paca (542 patients), là aussi, les chiffres ont dépassé les seuils de la deuxième vague. 

D'ailleurs, sept des huit départements franciliens (Val-d'Oise, Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne, Val-de-Marne, Essonne, Yvelines, Paris) font partie des dix départements français avec les taux d'incidence les plus élevés. S'ajoutent le Pas-de-Calais et l'Oise (région Hauts-de-France). 

Réanimation : près de la moitié des départements français en tension

Même si cette estimation est à prendre avec des pincettes en raison de l'impossibilité de définir le nombre exacts de lits disponibles dans les services de réanimation, on peut estimer que près de la moitié des départements français (environ 45) connaissent une situation de tension en soins critiques avec au moins 100% des lits de ces services occupés par des patients Covid-19.   

Le variant "anglais" représente près de 80% des tests PCR 

C'était attendu : comme le prévoyaient les épidémiologistes et infectiologues, le variant dit "anglais" représente la majorité des contaminations en France. Parmi les tests PCR positifs à la Covid-19, criblés pour différencier la souche initiale du SARS-CoV-2 d'un variant, 79% des contaminations s'avèrent être dues au mutant dit "anglais", bien plus contagieux. La part des variants sud-africain et brésilien reste jusqu'à présent assez mince. 

Vaccination : 11% de la population vaccinée

11 % de la population française a reçu actuellement au moins une dose du vaccin anti-Covid. La part de la population totalement immunisée, avec les deux doses, vient d'atteindre les 4%

Dans les Ehpad, la vaccination atteint les 92% de vaccinés (première dose) et plus de 70% des résidents ont reçu la seconde injection. En revanche, chez les professionnels de santé, on compte seulement 52% de personnes vaccinées.