L'analyse des eaux usées à Marseille par les marins-pompiers montre, selon nos informations, une circulation active du coronavirus actuellement, comme l'a affirmé le maire de la ville dans le Journal du dimanche ce week-end.

Marseille, les marins pompiers recherchent des traces de Covid-19 dans les égouts
Marseille, les marins pompiers recherchent des traces de Covid-19 dans les égouts © Radio France / Thibault Lefèvre

"On observe une nette remontée du virus dans les eaux usées", affirmait ce week-end le maire de Marseille, Benoît Payan, dans le Journal du dimanche. À la tête de la ville depuis deux mois, le socialiste s'appuie sur les analyses des eaux usées effectuées par les marins-pompiers de la cité phocéenne depuis plusieurs mois. "Grâce à [cette] surveillance, nous connaissons la situation ­virale à l'immeuble près et au jour le jour, et nous savons ainsi comment va évoluer l'épidémie avec une avance de dix à quinze jours", ajoute l'élu. 

Contacté par nos soins, le bataillon de marins-pompiers confirme l'observation, ces dernières semaines, "d'une augmentation, sur un plateau haut" de la circulation de la Covid-19 dans les eaux usées. Mais "qui se traduit, ces derniers jours, par un faible ralentissement". Actuellement, l'indicateur de présence du virus, calculé sur une base 100 qui correspond au pic de la première vague, oscille entre 130 et 150, selon nos informations. Cela signifie qu'il y a plus de virus en circulation que pendant la première vague. 

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Chaque semaine, les marins-pompiers publient, sur leur site et leurs réseaux sociaux, une cartographie de la circulation du virus dans la la ville et ses alentours. La dernière analyse rendue publique, en date de mi-février, indiquait un niveau modéré à élevé dans la plupart des secteurs analysés et un niveau très élevé dans certains quartiers comme dans les VIIIe et XVe arrondissements, près des quartiers Nords et d'Allauch. Les marins-pompiers présentent également une carte des variants (anglais d'un côté, brésilien et sud-africain de l'autre) qui font ressortir des secteurs similaires. 

Un indicateur à lire avec prudence 

Mais cet indicateur est à lire avec des précautions. "Il y a de très fortes variations quotidiennes", nous indique un collaborateur bien placé à la mairie de Marseille, qui attire notre attention sur la "cinétique" de l’épidémie, plus que sur la propagation simple du virus. "On sait comment le virus se propage mais pas vraiment à quelle vitesse." Par ailleurs, si les marins-pompiers semblent arriver à distinguer la présence des variants, rien ne permet d'établir à quelle proportion ces mutations se propagent dans la population. 

Enfin, le travail des marins-pompiers est bien distinct de celui fourni par le réseau Obépine, qui analyse les eaux usées de plus d'une centaine de stations en France. Les deux entités ne communiquent pas et les scientifiques soulignent de nombreuses différences de méthodes entre les deux analyses. Celle des militaires marseillais ne permet visiblement pas de corriger les erreurs éventuelles et de détecter du virus à très faible quantités. "Raconter qu’on est capable de détecter des variants c’est de la poudre aux yeux", réagit même l'un des membres du réseau Obépine. 

Néanmoins, sur le fond, les analyses d'Obépine confirment la tendance évoquée par le maire de Marseille ce weekend. Dans un précédent article, nous évoquions déjà les niveaux "très hauts" de circulation du virus dans la ville, depuis le mois de janvier. L'indicateur du réseau grimpait jusqu'à 165  en février à Marseille (sur le même principe d'une base 100 correspondant au pic de la première vague). 

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