Part du variant dans les tests positifs, nombre de cas confirmés ou suspectés, taux d'incidence : voici quelques indicateurs pour tenter d'y voir plus clair sur la présence du variant britannique du coronavirus en France.

Le taux d'incidence hebdomadaire s'est envolé au Royaume-Uni ces dernières semaines par rapport à la France.
Le taux d'incidence hebdomadaire s'est envolé au Royaume-Uni ces dernières semaines par rapport à la France. © AFP / RadioFrance

Quelle est la part du variant britannique dans les contaminations en France ? Difficile de le dire précisément. Néanmoins, la Covid-19 continue de circuler fortement ces dernières semaines en France et la menace de cette forme de Covid 50 à 70% fois plus contagieuse inquiète les autorités. 

Le variant représente environ 1% des tests positifs

Le variant britannique représente environ 1% des tests PCR positifs au Covid-19 en France, selon les résultats préliminaires d'une première enquête menée sur deux jours la semaine passée, a indiqué mardi soir le ministre de la Santé, Olivier Véran. On observe "une dispersion territoriale qui fait qu'il n'y a pas de région qui concentrerait de nombreux cas", a-t-il poursuivi.

Dans le détail, le virologue Bruno Lina, qui coordonne cette enquête, indique au Parisien que 1,36% des prélèvements sont considérés comme "suspects"

100.000 PCR analysés spécifiquement pour savoir

Ce chiffre de 1% a été obtenu dans le cadre d'une étude _"flash". Tous les prélèvements positifs de jeudi et vendredi derniers ont été ré-analysés en utilisant une technique de PCR particulière, celle de l'entreprise Thermo-Fischer. Cela représente environ "100.000 PCR analysés"_ spécifiquement, a indiqué mercredi matin sur franceinfo le professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique Covid-19. 

Contrairement à d'autres PCR, l'analyse en question réagit différemment en présence du variant. Après ce premier filtre, les prélèvements suspects doivent ensuite être soumis à un séquençage génétique qui détermine catégoriquement s'il s'agit ou non du variant. Une opération "très intéressante, très utile" qui "sera renouvelée très régulièrement, tous les 7 à 10 jours environ", a indiqué le ministre de la Santé. 

Difficile, donc, de savoir précisément combien de personnes sont touchées par le variant en France. Mais, sur la base des analyses réalisées jeudi et vendredi évoquées plus haut, avec un peu plus de 1% de tests suspects sur environ 100.000 PCR, le variant anglais concernerait donc au moins "à peu près" un millier de personnes en France, à en croire les déclarations de Jean-François Delfraissy. 

Avant cela, "une quarantaine de cas" identifiés

"À ma connaissance, il y a une quarantaine de cas détectés du variant anglais", déclarait mardi sur France Inter Alain Fischer, immunologiste et président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale contre le Covid-19. "Bien évidemment, c'est forcément une sous-estimation de la réalité. Néanmoins, ce sont quand même des nombres relativement limités", nuançait-il avant d'ajouter que "l'information indiscutable" est que "ce variant circule dans notre pays".  

L'estimation donnée par Alain Fischer semble être celle d'une comptabilité restreinte aux seules remontées de cas des foyers de contamination identifiés. Tout récemment, un cluster a par exemple été identifié à Marseille au sein d'une famille revenue de Londres. Il est aujourd'hui "maîtrisé" et "sous contrôle", d'après l'Agence régionale de Santé. Plusieurs cas du variant britannique ont aussi été repérés dans la région de Cholet (Maine-et-Loire), a annoncé lundi soir l’agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire.

11 cas confirmés en Île-de-France, une quarantaine de cas suspects 

Mercredi matin, Aurélien Rousseau, directeur de l'ARS Île-de-France estimait, pour sa région, que le variant représentait "11 cas confirmés" et "une quarantaine sont suspects" dans la région. 

188 cas pour 100.000 habitants, en hausse depuis fin décembre

Ce que redoutent les autorités françaises, c'est de vivre un scénario "à l'anglaise". Comme le montre notre courbe, le taux d'incidence hebdomadaire s'est envolé au Royaume-Uni depuis le début du mois de décembre. 

En France, le chiffre national est globalement de nouveau en hausse depuis le début du mois de décembre. Mercredi matin, le directeur général de l'ARS d'Île-de-France a bien souligné sa crainte d'un "effet démultiplicateur" du variant. Le taux d'incidence en Île-de-France frôle les 200. Et s'en rapproche dangereusement aussi au niveau national. Jusqu'à présent, pour avancer le couvre-feu à 18h, le gouvernement se basait sur ce seuil de 200 nouveaux cas pour 100.000 habitants.  

Il s'agit d'une "une course de vitesse" face à "l'apparition inéluctable" du variant britannique en France, a pour sa part estimé Jean-François Delfraissy, soulignant que "la France est dans une situation paradoxale" pour le moment, avec des chiffres qui n'explosent pas. "On a une France qui se situe mieux que l'ensemble des pays européens, mais les chiffres stagnent." 

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