Les services de réanimation saturés, de nombreux transferts de patients envisagés pour les soulager : en Île-de-France, la situation inquiète l'exécutif. La menace d'un reconfinement pèse, même si le chef de l'État fait tout pour l'éviter.

La situation est extrêmement tendue en Île-de-France, au point que des "dizaines voire des centaines" d'évacuations de patients réa sont envisagées vers le reste du territoire.
La situation est extrêmement tendue en Île-de-France, au point que des "dizaines voire des centaines" d'évacuations de patients réa sont envisagées vers le reste du territoire.

C'est l'une des régions qui inquiète l'exécutif et elle est surveillée de très près. Actuellement, "toutes les 12 minutes, un francilien est admis en réa", dans la région Île-de-France, a indiqué jeudi soir le ministre de la Santé, lors du point de situation hebdomadaire du gouvernement. Vu les données disponibles, un reconfinement pend au nez des Franciliens dans les prochains jours ou les prochaines semaines. Mais pour l'instant, le pari du chef de l'État est tout autre : transférer des patients de la région vers le reste du territoire (des "dizaines voire des centaines" de patients à dit Olivier Véran) pour désengorger les services de réanimation et éviter un confinement

Les réas proches du pic de la deuxième vague

Le ministre de la Santé l'a rappelé jeudi soir : avec près de 1 100 patients en réanimation dans la région, l'Île-de-France atteint "presque le pic de la deuxième vague". Comme le montre notre graphique, qui présent le nombre de patients hospitalisés en réanimation pour chaque département de la région, chaque courbe se rapproche des niveaux équivalents à ceux observés autour de la mi-novembre et du pic de la deuxième vague. La situation la plus flagrante avec Paris où plus de 300 patients sont hospitalisés en réa dans les divers hôpitaux de la capitale, contre 327, au pic du 13 novembre 2020. 

"La situation, je dirais qu'elle est sous contrôle" en Île-de-France, "mais ce qui nous inquiète, c'est que les réanimations sont déjà pleines" a expliqué ce vendredi sur franceinfo le professeur Rémi Salomon, président de la Commission médicale d'établissement de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). "Trouver des places devient de plus en plus difficile" constate-t-il. 

La question des déprogrammations d'opérations, relancées pour libérer des places de réanimation, pose notamment un sérieux problème aux hôpitaux de l'AP-HP qui n'ont "pas totalement épongé les déprogrammations du printemps".  

Taux d'incidence élevé

Face à cette situation sanitaire tendue, l'une des principales restrictions en Île-de-France pour limiter la propagation du Covid-19 est le couvre-feu à partir de 18 heures. Mais il n'y a pas eu de mesure spéciale comme à Dunkerque ou dans les Alpes-Maritimes. Ainsi, le taux d'incidence reste élevé dans la région, avec un pic en Seine-Saint-Denis à plus de 450 cas pour 100 000 habitants. 

Les transferts de patients, envisagés par le gouvernement, devraient démarrer dès cette fin de semaine et "il pourrait y en avoir 300 à 400", précise un proche du président à France Inter. Ce serait un record, une logistique exceptionnelle, car une fois de plus, Emmanuel Macron veut gagner du temps, "celui de la vaccination", "quatre à cinq semaines un peu compliquées", entend-t-on à l’Élysée.