Le président Emmanuel Macron a annoncé mercredi le retour du confinement sur tout le territoire national "à partir de vendredi" et jusqu'au 1er décembre, a minima. La mesure est-elle assez forte ? Nous avons posé la question à une infectiologue.

Hôpital Saint-Louis à Paris
Hôpital Saint-Louis à Paris © AFP / .

Selon Emmanuel Macron, le système "tester, alerter, protéger" mis en place pour enrayer l'épidémie de Covid-19 n'est "plus efficace". D'où l'idée de remettre en place un confinement. 

"Ce confinement sera adapté sur trois points principaux: les écoles resteront ouvertes, le travail pourra continuer, les Ehpad et les maisons de retraite pourront être visités", a toutefois précisé le président. Les réunions privées en dehors du strict noyau familial seront exclues, les rassemblements publics interdits et les déplacements d'une région à l'autre interdits.  "Une fois encore, il faut avoir beaucoup d'humilité, nous sommes tous en Europe surpris par l'évolution du virus", a-t-il dit avant d'annoncer un reconfinement d'une durée d'un mois, au minimum. Le pays risque selon lui "au moins 400.000 morts supplémentaires" d'ici à quelques mois si rien n'est fait.

Car, alors que 1,9 millions de tests sont réalisés par semaine,"nous avons aujourd'hui entre 40 et 50 000 contaminations", a déploré le chef de l'État. Il souhaite repasser sous la barre des 5 000 cas quotidiens. 

"Le nombre de cas est minimisé"

Qu'en pensent les médecins qui œuvrent sur le terrain ? Pour le Pr Anne-Claude Crémieux, cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Louis, ce n'est pas le nombre de cas qu'il faut surveiller, d'une part, et il faudra au moins quatre semaines pour entamer "la décrue" d'autre part.

"Le nombre de cas est aléatoire et dépend de la capacité de dépistage" explique-t-elle. "On sait aujourd'hui que ce chiffre est minimisé. Si on regarde les hospitalisations et le nombre de gens en réanimation, et au regard de la première vague on sait qu'il faut attendre trois semaines pour voir les premiers effets du confinement, c'est-à-dire un arrêt de l'augmentation des cas. Ensuite il faut encore trois semaines de plus pour voir une décrue importante du nombre de gens hospitalisés", rappelle l'infectiologue.

Donc dans un mois, on aura les premiers effets visibles du confinement "mais la décrue ne sera pas forcément complète, et il est possible qu'on soit amené à attendre encore quelques semaines supplémentaires".