"Quand on a des symptômes, même vraiment bénins, quand on a été exposé, quand on a un collègue, un ami qui est positif ou lorsqu'on pense avoir été exposé à un risque, il faut se faire tester", martèle Jérôme Salomon sur France Inter.

Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, invité de France Inter vendredi 14 août 2020.
Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, invité de France Inter vendredi 14 août 2020. © Radio France / France Inter

"On insiste beaucoup, auprès des Françaises et des Français sur l'accès aux tests." Invité de France Inter vendredi matin, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a indiqué, à propos de l'épidémie de coronavirus, que "les signaux sont très préoccupants, la situation se dégrade semaine après semaine". Mais, dit-il, "il n'y a pas de fatalité" et "le sort de l'épidémie est entre nos mains".

Pas de fatalité et "tous les outils disponibles" pour "éviter une deuxième vague". Gestes barrières, distanciation physique, masque et... tests. "Il faut se faire tester", insiste M. Salomon. "Quand on a des symptômes, même vraiment bénins, quand on a été exposé, quand on sait qu'un proche est 'contact', quand on a un collègue, un ami qui est positif. Et puis, quand on est appelé par l'Assurance maladie ou par l'Agence régionale de santé. Et enfin, il ne faut pas hésiter à se faire tester lorsqu'on pense avoir été exposé à un risque, au moindre doute", comme lors d'une soirée ou d'un voyage.

Alors que deux départements sont désormais signalés comme particulièrement à risque, Paris (75) et les Bouche-du-Rhône (13), Jérôme Salomon souligne la capacité "importante" de tests atteinte désormais en France, en laboratoire, en drive, dans des barnums, dans les aéroports. "Nous faisons aujourd'hui environ 100 000 tests par jour, plus de 600 000 par semaine. Nous avons dépassé les six millions de tests et cela nous permet de bien mieux relever la situation que lorsque nous étions, par exemple, au mois de mars." Il note également que "jamais, dans l'Histoire de France, nous n'avions fait autant de tests sur une maladie infectieuse".

"Tester, tracer, isoler"

"Nous travaillons d'ailleurs d'arrache-pied avec les scientifiques et laboratoires pour avoir d'autres tests plus faciles, plus rapides, plus simples", a répondu M. Salomon à une auditrice de France Inter, lui donnant également raison sur la question de l'isolement, après avoir effectué un test.

"La stratégie tester, tracer, isoler est une réaction en chaîne : on ne peut pas se faire tester si on ne prévient pas ses contacts, ça n'a aucun sens. Vous avez fait une soirée, vous êtes positif, si vous ne prévenez pas vos proches, ça ne marche pas. Et on ne peut pas se faire tester si on ne s'isole pas ensuite", a-t-il précisé. "Si on pense qu'on est malade, il faut vraiment que les gens comprennent que cet isolement n'est pas de la stigmatisation mais bien de la protection de ses proches. Et quand on s'isole quelques jours, on casse la chaîne de transmission."

L'exemple Mayennais

En ce qui concerne les "clusters", la Mayenne "est un très bon exemple" selon le directeur général de la Santé. "Les Mayennaises et les Mayennais, qui connaissaient un très haut niveau d'incidence du virus, ont très fortement réagi, se sont mobilisés. Ils ont observé l'ensemble des gestes barrières et ils ont accepté de se faire tester massivement. Et cela a fonctionné : l'incidence est en très forte baisse en Mayenne. C'est un très bel exemple qui montre qu'en France, avec la réaction des citoyens, avec l'intelligence des territoires, on peut freiner l'épidémie, mettre fin à des clusters à risque."

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