Bien plus risquées que les réunions de travail, les réunions de famille ou entre amis favorisent la transmission du coronavirus, d'après une étude de l'Institut Pasteur, évoquée dimanche par l'épidémiologiste Arnaud Fontanet.

"La transmission [du coronavirus] se fait beaucoup en famille ou entre amis", d'après Arnaud Fontanet. Image d'illustration.
"La transmission [du coronavirus] se fait beaucoup en famille ou entre amis", d'après Arnaud Fontanet. Image d'illustration. © Getty

Attention aux réunions de famille ou d'amis. Une nouvelle étude de l'Institut Pasteur, dont le professeur Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, a révélé les grandes lignes dans le Journal du dimanche, confirme que "la transmission [du coronavirus] se fait beaucoup en famille ou entre amis", notamment lors de repas, par exemple. Cette 3e étude 'ComCor' vient "confirmer les deux premières". Elle indique aussi que "les réunions en présentiel ne constituent plus un risque accru" et que "le télétravail protège mais que les contaminations sont moins fréquentes au bureau qu'en octobre". Sans doute grâce à une meilleure application des gestes de protection et au port du masque, selon Arnaud Fontanet. 

Les commerces, lieux religieux et transports publics n'accroissent pas "non plus le risque d'infection", contrairement au covoiturage, "sans doute car l'espace est réduit et le port du masque pas systématique". "Notre travail confirme que lorsqu'on respecte les gestes barrières et le port du masque, le risque de transmission est plus faible. En tout cas, avec le bon vieux virus de 2020 !", ironise le professeur Fontanet. 

Dans les établissements scolaires, le virus "circule". Mais "le risque est surtout pour les familles, lorsqu'un enfant ramène le virus chez lui et qu'il vit avec une personne âgée ou fragile". Arnaud Fontanet souligne toutefois que tout incite à garder les écoles ouvertes : les dégâts psychologiques et retards d'apprentissage causés par le confinement chez les plus jeunes ("de plus en plus apparents") et la difficulté de travailler ou télétravailler avec des enfants à la maison.

"Notre étude ComCor montre qu'avoir un enfant en crèche ou scolarisé augmente votre risque d'infection, mais pas pour un enfant en primaire. Cela rejoint d'autres études qui laissent entendre que les écoliers du primaire sont moins susceptibles à l'infection et peut-être moins contagieux." Laissant ainsi une possibilité pour garder les écoles ouvertes et limiter le présentiel en alternance au collège et au lycée. 

Interrogé sur la décision du président Emmanuel Macron de ne pas confiner les Français, Arnaud Fontanet déclare qu'un confinement, "s'il avait été accepté par la population, aurait permis de soulager les hôpitaux et de reprendre le contrôle de l'épidémie". "Mais le coût économique, social et scolaire aurait été très élevé", reconnaît-il. "Du coup, le gouvernement a choisi de laisser une dernière chance au non-reconfinement, au risque de voir la situation sanitaire se dégrader encore et d'être contraint plus tardivement au reconfinement."