"Pour garder le contrôle de l'épidémie, le ministère de la Santé vous recommande de télécharger l'application TousAntiCovid dès maintenant", dit ce message envoyé aux Français.

Le SMS que de nombreux Français ont reçu sur leur téléphone.
Le SMS que de nombreux Français ont reçu sur leur téléphone. © Radio France / X. D.

Ce n'est pas la première fois. Ces dernières heures, de nombreux Françaises et Français ont reçu, par le biais d'un SMS, une information sur la réouverture des commerces, ce samedi 28 novembre. "Les commerces rouvrent et d'avantage de personnes vont se croiser", dit le message avant de faire la promotion de l'application TousAntiCovid (ex-StopCovid). Au mois de mars, le gouvernement avait déjà communiqué de la sorte en envoyant un message portant sur la mise en place du premier confinement, visant a diffuser au maximum les règles des restrictions de déplacements. 

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"Pour garder le contrôle de l'épidémie, le ministère de la Santé vous recommande de télécharger l'application TousAntiCovid dès maintenant. Plus de 10 millions de Français l'utilisent déjà. Ils sont alertés plus tôt en cas de contact avec le virus et ont accès à un test", poursuit le SMS. Trois questions pour comprendre l'intérêt et le contexte de l'envoi de ce message. 

L'application a-t-elle vraiment besoin de cette pub ?

Oui, car pour l'instant, TousAntiCovid a été téléchargée et activée un peu moins de 10 millions de fois. Or, le gouvernement affiche un objectif de 15 millions de téléchargements, pour atteindre 20% de la population française (en comptant les désinstallations, dont le nombre précis n'est pas public). C'est, selon une étude de l'Inserm régulièrement citée par Cédric O, le seuil nécessaire pour que l'application commence à être véritablement efficace : 

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Les modifications de l'appli, voulues par le chef de l'État, ont créé un nouveau souffle. Mais les chiffres de l'application (qui intègre désormais un générateur d'attestation de déplacement et les chiffres locaux de l'épidémie) semblent stagner ces derniers jours, à en croire les données mises en ligne par le chercheur en cybersécurité Baptiste Robert. Les données officielles disponibles s'arrêtant au 16 novembre, il y a deux semaines. 

Au-delà de ça, les paramètres ont été récemment modifiés pour que les utilisateurs soient alertés en cas de détection du smartphone d'un malade Covid+ à moins d'un mètre pendant cinq minutes, contre quinze minutes auparavant. Un autre critère a été ajouté, la prise en compte d’un contact d’au moins quinze minutes, à une distance allant d'un à deux mètres. Ces modifications, si l'on met de côté les difficultés techniques de l'application a établir précisément tous les contacts, devraient générer plus de notifications

L'application alerte-t-elle plus tôt et donne-t-elle accès à un test ?

Le message va peut-être un peu vite en besogne en affirmant que les utilisateurs de TousAntiCovid sont alertés "plus tôt" en cas de contact avec une personne positive. Si elle est sans doute utile pour améliorer la communication en cas de contact, l'appli prend tout son sens dans le cas de contacts avec des inconnu.e.s. Si vous êtes cas contact d'une personne de votre entourage, familial ou professionnel, nul doute que vous serez sans doute prévenu avant par l'Assurance maladie ou cette personne elle-même. 

Quant aux tests, le site du ministère de la Santé précise que si vous recevez une notification d’alerte "cas contact", l'accès au dépistage se fait de façon prioritaire, "au même titre qu’une personne contact identifiée manuellement pas les médecins ou les équipes de l’Assurance maladie".

Au fait, le gouvernement a-t-il le droit de m'envoyer ce SMS ?

Oui, comme cela avait été précisé lors de la première utilisation en mars, la loi oblige les opérateurs téléphoniques à diffuser à leurs abonnés les messages des autorités destinés à prévenir la population d'un danger imminent ou d'une catastrophe majeure. C'est ce que dit le Code des postes et des communications électroniques

Comme en mars, le gouvernement a donc très certainement soumis ce message aux opérateurs téléphoniques (SFR, Orange, Free, etc.) pour qu'ils le diffusent à tous leurs abonnés, tous les numéros – environ 80 millions en France – via un système automatique, sans numéro attribué. Les opérateurs qui font d'ailleurs tampon entre les abonnés et le gouvernement : "Ils ne livrent pas les numéros au gouvernement, ils envoient les SMS pour lui", expliquait à Libération l’avocat Alexandre Archambault, spécialiste des questions liées aux télécoms et au numérique.

Et si vous ne l'avez pas reçu, c'est sans doute qu'il n'est pas encore arrivé : vu le nombre de messages, l'opération prend un certain temps.