Le ministre de la Santé Olivier Véran et la Ministre déléguée chargée de l'Autonomie Brigitte Bourguignon, ont adressé mardi soir, aux acteurs concernés, le guide d'organisation de la vaccination anti Covid en Ehpad et en unité de soins de longue durée (USLD).

Le guide d’organisation de la vaccination en EHPAD et USLD, qui doit en principe commencer dimanche, a été adressé aux acteurs concernés
Le guide d’organisation de la vaccination en EHPAD et USLD, qui doit en principe commencer dimanche, a été adressé aux acteurs concernés © AFP / Lindsey Parnaby

La première campagne de vaccination contre la Covid-19 doit débuter dimanche en France dans "deux ou trois" établissements pour personnes âgées et concernera "quelques dizaines de résidents", a annoncé mardi le ministre de la Santé, Olivier Véran, invité du 20h de TF1. 

Mais ces premiers établissements, comme tous les autres, devront avoir recueilli le consentement obligatoire des patients ou de leur entourage et organisé une consultation médicale pré-vaccinale.

Pour cela ils ont reçu, mardi soir, le guide d’organisation de la vaccination en EHPAD et USLD. Un document de 45 pages censé contenir les informations nécessaires à ceux qui doivent pratiquer la vaccination (comment réagir en cas d'épisode allergique, par exemple), et les réponses aux questions que les résidents ou leurs familles pourraient se poser. 

Quelles sont les étapes préalables?

La campagne de vaccination démarre avec une période d'information (mail, affichage, plaquettes d'informations distribuées) initiée par l'équipe de l'établissement, pour expliquer le déroulement de l'acte médical. Une fois expliquée au résident ou à ses proches, il est précisé par le ministère que cette vaccination ne peut se faire qu'avec le consentement obligatoire de ces derniers, "après une information loyale, claire et appropriée". 

Si le résident ou ses proches donnent leur accord, alors une consultation pré-vaccinale est programmée pour déceler d'éventuelles contre-indications et recueillir administrativement ce consentement, toujours au sein de l'établissement, par visio rendez-vous, ou de préférence sur place avec le médecin traitant. Le patient peut alors être accompagné d'un tiers, proche ou personne de confiance. 

Que se passe-t-il en cas de refus ? 

Si ce consentement est précisé obligatoire pour bénéficier du vaccin, alors le patient - ou la personne désignée pour exprimer sa volonté - peuvent également bénéficier d'un temps de réflexion pour donner leur consentement, ou même revenir sur leur décision, verbalement ou par écrit. En cas de refus, il est signifié dans le guide qu'il "ne doit entrainer aucune conséquence négative sur l'accompagnement du résident" et que le médecin, qui a "l'obligation de respecter sa volonté", est "garant du secret médical". 

Que se passe-t-il le jour de la vaccination ?

Le patient fait l'objet d'une surveillance rapprochée pendant 15 minutes après l'injection, en raison des risques d'anaphylaxie (type de complication exceptionnelle avec réaction allergique sur la peau, les voies respiratoires ou de type cardio vasculaire), "évaluée à un cas pour 100 000 doses" selon le ministère. Les troubles à surveiller après l'injection sont clairement énumérés.

Dans ce cas là, le guide du ministère évoque un protocole très précis, avec utilisation d'une trousse de secours au contenu détaillé, et conduite à tenir ( position latérale de sécurité, injection d'adrénaline si nécessaire) en attendant une éventuelle intervention du SMUR. 

Explications techniques

Ce guide veut faciliter la préparation et la conduite de la campagne de vaccination pour les équipes des EHPAD et USLD. Pour cela, il explique aussi clairement la préparation en amont, puis la prise en compte de la chaîne logistique - compliquée par le fait que le vaccin vaccin Pfizer-BioNTech requiert un stockage à -80°C. 

Les premiers résidents concernés par les premières vaccination dimanche prochain se feront dans "deux ou trois" établissements pour personnes âgées, sur "quelques dizaines de résidents" selon le ministre. Selon les informations du "Monde", le vaccin fabriqué par Pzifer sera inoculé, dimanche prochain, à des patients de l’hôpital René-Muret de Sevran, en Seine-Saint-Denis, tandis que d’autres  sont prévues le même jour à Dijon.

La vaccination sera étendue à d'autres établissements dès le lundi avant de prendre son rythme de croisière. Des livraisons de vaccins "plus importantes" sont prévues pour "la fin du mois de décembre et au début du mois de janvier" a précisé le ministre de la Santé.