Après un pic atteint eu cœur de l'été, le nombre de premières doses injectées quotidiennement n'a cessé de baisser ces dernières semaines. Ce n'est évidemment pas le signe d'une opposition croissante à la vaccination, mais bien une conséquence mathématique du nombre de plus en plus grand de personnes déjà vaccinées.

Centre de vaccination à Romans-sur-Isère, dans la Drôme
Centre de vaccination à Romans-sur-Isère, dans la Drôme © AFP / Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

Depuis l'arrivée des vaccins contre le Covid-19 en France, la campagne de vaccination a connu plusieurs vagues et deux pics successifs. Des vagues, parce qu'on s'en souvient, tout le monde n'a pas pu avoir accès immédiatement à la vaccination, réservée d'abord aux catégories les plus fragiles avant d'être étendue progressivement à l'ensemble de la population adulte. Ce qui avait abouti à un record de près de 410 000 premières doses en une seule journée le 21 mai dernier.

Le deuxième pic a été atteint en plein cœur de l'été : plus de 373 400 personnes ont reçu une première dose de vaccin le 31 juillet. Là encore, l'explication est simple : le 12 juillet, c'était la fameuse allocution d'Emmanuel Macron annonçant la mise en place du pass sanitaire et l'obligation vaccinale à venir pour les soignants (notamment). D'où une nouvelle vague de vaccinations particulièrement importante pour les "retardataires".

Une vague qui se tarit depuis : logique, puisque par définition, plus il y a de gens vaccinés, moins il y a de gens à vacciner. La couverture vaccinale (autrement dit, la part de la population ayant reçu deux doses de vaccin) a en effet continuellement grimpé ces derniers mois,  atteignant presque 70 % de la population cette semaine.

Le rythme d'injections des premières doses baisse fortement. Le 2 septembre, au moment de la rentrée des classes, il y avait encore un peu plus de 100.000 premières injections par jour en France. Le 5 septembre, on en comptait 95.963. Cette dernière semaine, en moyenne lissée sur sept jours, on comptait 64.657 premières doses. Ce dimanche on comptait 11.762 premières doses injectées sur une journée contre près du double (20.311) le dimanche d'avant. 

99% des plus de 12 ans vaccinés à Paris ?

Certains départements affichent un taux de vaccination chez la population éligible plus important que les autres. À Paris, selon Santé publique France, 90% de la population a reçu au moins une première dose, 99% des 12 ans et plus. Sur ce même critère, et comme le montre notre carte, d'autres départements affichent une couverture vaccinale exceptionnelle : les Côtes-d'Armor (96,4%), la Vendée (95,3%), les Hautes-Pyrénées ou la Manche (95%), la Charente-Maritime (94,3%). Au total, un quart des départements français, y compris la Seine-Saint-Denis, dépassent les 90% de la population ayant reçu une primo-injection.

Mais ces données géographiques sont à nuancer sérieusement. En effet (et nous l'expliquions déjà dans un précédent article début-juin), la méthode de suivi de la vaccination utilisée par Santé publique France est trompeuse. L'organisme décompte les vaccinés par lieu d’injection et non par lieu de résidence. Ainsi, on obtient des taux de vaccination très élevés or, il est tout à fait probable qu'une partie des vaccinés à Paris soient originaires des départements franciliens. Idem pour les autres départements cités précédemment, très touristiques, qui ont sans aucun doute permis à certains vacanciers de recevoir une première dose pendant leurs congés.

L'Assurance maladie propose d'ailleurs une comptabilité par lieu de résidence, qui permet de nuancer ces chiffres exceptionnels, bien que basée sur des tranches d'âges différentes. En population générale, le département dont la population est la plus vaccinée (première dose) est le département des Landes (76,6%). Suivent la Manche, les Côtes-d'Armor, la Vendée ou le Cantal (entre 73 et 75% de la population primo-vaccinée). La capitale arrive en neuvième position avec 73% des Parisiens ayant reçu une première dose de vaccin anti-Covid.