Selon une étude publiée par l'Anses ce jeudi, les animaux "ne jouent aucun rôle épidémiologique dans le maintien et la propagation du Covid-19 en France". A noter cependant que des animaux, comme les chats peuvent se transmettre la Covid entre eux et développer des symptômes.

Un chat, muni d'une visière en plastique
Un chat, muni d'une visière en plastique © AFP / Carol Smiljan / NurPhoto

Après une première étude publiée au mois d'avril dernier, l'Anses a actualisé ses éléments d'expertise sur les chances de transmission du Covid-19 entre les humains et les animaux, particulièrement en France. Dans le nouveau rapport publié ce jeudi et basé sur l'analyse de nouvelles données scientifiques, l'agence nationale de sécurité sanitaire estime "qu'à ce jour les animaux domestiques et les animaux sauvages ne jouent aucun rôle épidémiologique dans le maintien et la propagation du SARS-CoV-2 [nom officiel du coronavirus, ndlr] en France". 

En détail, l'Anses a étudié, pour les principales espèces animales, leur réceptivité au coronavirus, c'est-à-dire s'ils peuvent en être porteurs, et leur sensibilité, c'est-à-dire s'ils peuvent présenter des symptômes. Et pour une partie d'entre eux, notamment les poulets, les dindes et les canards, il n'y a ni réceptivité, ni sensibilité (c'est également ce qui est pressenti pour les bovins et les porcs, mais "des études complémentaires s'avèrent nécessaires", explique le document). 

Les chats, réceptifs et sensibles au virus

Pour les chiens et les lapins, il a été prouvé que ceux-ci pouvaient attraper le virus de la Covid-19. En revanche, "très peu de chiens ont développé des signes cliniques en condition naturelle" – ce qui signifierait que les chiens sont réceptifs au virus mais qu'ils n'y sont pas sensibles. Aucune transmission entre chiens n'a par ailleurs être prouvée. Même chose pour les lapins, pour lesquels la sensibilité au virus reste à vérifier. 

En revanche, les chats peuvent attraper le coronavirus, se le transmettre entre eux et donc développer des symptômes de la Covid-19. Le rapport note toutefois que, comme pour les chiens, les cas de contamination d'humain à chat ont eu lieu "dans un contexte de forte pression virale", c'est-à-dire en cas de forts contacts entre l'animal et son propriétaire malade du Covid-19. Même chose pour les furets et hamsters. En revanche aucune de ces espèces n'a transmis le virus à l'homme, jusqu'à présent. 

Les gestes barrières même avec les animaux

Reste le cas des visons, après l'inquiétude suscitée par l'apparition de cas apparemment transmis à l'homme dans des élevages de visons aux Pays-Bas ou au Danemark. Là, l'agence établit que la théorie d'une "transmission-retour" du vison vers l'homme est possible, mais que "la survenue de ces événements de transmission est vraisemblablement à relier au contexte de forte pression virale due à une densité élevée  (...) au sein de ces élevages". 

Le risque, donc, serait celui de la "formation d'un réservoir animal". Et pour éviter cela, l'Anses recommande avant tout d'éviter les transmissions de l'homme à l'animal. "Les personnes atteintes par la Covid-19 doivent éviter tout contact étroit avec les animaux sans pour autant compromettre leur bien-être", conclut le rapport, qui précise que lorsque le contact est nécessaire notamment pour s'occuper de l'animal, il faut précautionneusement se laver les mains, et porter un masque.