Les chiffres de Santé Publique France montrent une augmentation plus importante du taux de positivité des tests chez les enfants et adolescents de 0 à 19 ans. Toutefois, cette tendance ne se retrouve pas dans le taux d'incidence (le nombre de cas par rapport à la population). Comment l'expliquer ?

Sortie d'une école à Boulogne-Billancourt
Sortie d'une école à Boulogne-Billancourt © AFP / Benoît Durand / Hans Lucas

C'est l'une des inquiétudes autour des nouveaux variants de la Covid-19 : on sait qu'ils sont plus contagieux, mais sont-ils plus ou moins contagieux selon l'âge ? En particulier, les enfants sont-ils plus touchés ? Plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, ont préféré fermer leurs écoles, pour éviter de créer des foyers de contamination importants, capables de se transmettre ensuite à l'ensemble de la famille au retour des enfants.

Si l'on observe l'évolution du taux de positivité ces trois derniers mois, on constate qu'il augmente dans toutes les catégories d'âges depuis le 25 décembre, confirmant un effet Noël que redoutait déjà le gouvernement avant les vacances scolaires. Mais cette augmentation est bien plus importante chez les patients de 10 à 19 ans (courbe violette), et plus encore chez ceux de 0 à 9 ans (courbe rouge).

Difficile de donner une explication unique à cette différence, mais plusieurs hypothèses existent :

  • La rentrée scolaire. Elle a peut-être un impact limité (avec la durée d'incubation, les cas détectés la semaine dernière sont liés à des contaminations antérieures, pendant les vacances scolaires) mais le fait que les enfants se croisent à nouveau beaucoup plus tend peut-être à amplifier l'augmentation.
  • Les déplacements des enfants dans leur famille pendant les fêtes, avec un respect des gestes barrières plus difficile à appliquer, peut aussi jouer en faveur de cette différence.
  • La possibilité que le nouveau variant britannique touche plus souvent les enfants, mais on manque encore de données sur le sujet.
  • Enfin, par comparaison avec les adultes, les enfants se font sans doute moins tester "préventivement" comme cela a pu être le cas avant les fêtes (où l'on a vu une explosion du nombre de tests) : il y a une probabilité plus forte que les enfants testés le soient à cause d'une suspicion de contamination (symptômes, contact avec d'autres malades, etc.), ce qui explique qu'ils soient plus souvent positifs.

Cette dernière hypothèse semble confirmée par une autre donnée : le taux d'incidence (autrement dit, le nombre de malades pour 100.000 habitants). 

On y constate que les enfants de 0 à 9 ans testés positifs au Covid sont très peu nombreux, nettement moins que toutes les autres catégories d'âges. La proportion de patients positifs de 10 à 19 ans, elle, est un peu inférieure à la moyenne tous âges confondus. Le nombre de cas chez les 20-29 ans augmente lui de manière plus marquée que dans les autres tranches d'âges. Quant à la proportion de malades parmi les personnes âgées de plus de 90 ans, elle reste très élevée (notamment parce qu'ils sont moins nombreux et se font tester plus systématiquement).