La situation sanitaire continue de se dégrader ces derniers jours en France. Selon les indicateurs lissés sur sept jours, les entrées à l'hôpital, mais aussi dans les services de réanimation, ont doublé en l'espace de deux semaines. Ils ont désormais dépassé le niveau qui avait été atteint le 11 mai, au déconfinement.

Plusieurs hôpitaux ont montré des signes de tension face au nombre d'hospitalisations. Ici, l'hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, le 15 septembre dernier.
Plusieurs hôpitaux ont montré des signes de tension face au nombre d'hospitalisations. Ici, l'hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, le 15 septembre dernier. © AFP / JEFF PACHOUD

La situation se tend de plus en plus dans les établissements hospitaliers accueillant des patients souffrant de la Covid-19 : cette semaine, le nombre de nouvelles entrées quotidiennes à l'hôpital et de nouvelles admissions en réanimation a dépassé, pour la première fois, le niveau du 11 mai dernier, c'est-à-dire le jour du début du déconfinement. En réponse à cette dégradation de la situation, le ministre de la Santé Olivier Véran a présenté mercredi soir un nouveau plan d'action face à la progression de l'épidémie, mettant en place des zones "en alerte renforcée" où les restrictions sont accentuées, et d'autres "en alerte maximale", dont la métropole d'Aix-Marseille et la Guadeloupe, où bars et restaurants vont à nouveau devoir fermer (entre autres restrictions)

Ce mercredi, selon Santé Publique France, 649 nouvelles personnes ont été admises à l'hôpital, dont 124 en réanimation. C'est un peu moins que mardi (783 hospitalisations, 130 réanimations), mais il faut regarder la moyenne lissée sur sept jours pour obtenir une tendance plus pertinente de l'évolution de la tension hospitalière. 

Nous avons analysé les moyennes lissées sur 7 jours : au 23 septembre, cette moyenne lissée est de 606 nouvelles hospitalisations quotidiennes. Un chiffre qui a doublé depuis le 8 septembre, il y a donc deux semaines, où il était de 298 hospitalisations quotidiennes. On reste cependant très loin du pic connu lors de la première vague du virus, qui avait atteint le 2 avril une moyenne de 3 578 entrées quotidiennes à l'hôpital.

Si l'on regarde les données seulement depuis le 11 mai, date du déconfinement, on observe ainsi que les indicateurs pour les hospitalisations sont revenus au niveau de cette date, et même au-dessus. Le 11 mai le niveau des hospitalisations avait atteint une moyenne lissée de 586 par jour, la France en est désormais à 606.

Si l'on se focalise sur les entrées en réanimation, là encore, on peut observer que les indicateurs sont préoccupants : au 23 septembre la moyenne sur sept jours est de 96 entrées quotidiennes en réanimation. L'augmentation est très légèrement plus lente que pour les hospitalisations : au 6 septembre, on comptait 41 entrées quotidiennes. 

Si l'on "zoome" sur la période post-confinement, on peut voir ici que le niveau du 11 mai a été rattrapé il y a quelques jours déjà : il était, le premier jour du déconfinement, de 75 admissions en réanimation par jour (toujours en moyenne lissée sur 7 jours), nombre qui a été dépassé dès le 17 septembre. 

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