Alors que le ministre de la Santé Olivier Véran doit annoncer de nouvelles mesures de sécurité sanitaire pour ralentir l’épidémie dans la capitale, nous faisons le point sur les différents indicateurs autour de la Covid-19. Des indicateurs qui augmentent, y compris en les comparant aux régions les plus touchées.

Des promeneurs portant un masque de protection près du Sacré-Cœur à Paris
Des promeneurs portant un masque de protection près du Sacré-Cœur à Paris © AFP / Myriam Tirler / Hans Lucas

Le vieux duel entre Paris et Marseille a encore de beaux jours devant lui : après la mise en place de mesures particulièrement restrictives dans le chef-lieu des Bouches-du-Rhône, au grand dam de ses habitants, c’est au tour de la capitale d’être montrée du doigt comme mauvaise élève.

Il faut dire que les chiffres parisiens ne sont pas rassurants.

Des taux de positivité et d’incidence plus élevés qu’ailleurs

Le nombre de cas positifs est en effet en hausse continue depuis début juillet, avec un chiffre total de 797 cas le 23 septembre, en légère baisse le jour suivant. 

Si on regarde le taux de positivité des tests, un indicateur bien plus précis puisqu’il prend en compte la proportion de cas positifs sur le nombre de personnes testées, la hausse est toujours là et tout aussi spectaculaire. Sur 100 personnes testées à Paris, 12 en moyenne sont positives à la Covid-19. C’est plus que la moyenne française (à 7,5 %) et même que la moyenne à Marseille (qui avait atteint un pic de 9,81 % le 9 septembre dernier, avant de redescendre).

Enfin, le taux d’incidence permet aussi d‘y voir plus clair sur la situation inquiétante dans la capitale. Il a lui aussi atteint un niveau record de 37,09 personnes contaminées chaque jour (en moyenne sur les sept derniers jours) pour 100.000 habitants. C’est plus de deux fois le niveau moyen sur l’ensemble de la France, et c’est aussi plus que le record de 33,63 atteint par les Bouches-du-Rhône le 13 septembre dernier.

Le problème majeur, c’est que cette hausse du nombre de cas positifs risque d’entraîner mécaniquement une hausse des hospitalisations, avec un décalage de quelques jours. Des hôpitaux qui font déjà face à des arrivées de nouveaux patients, plus nombreuses que les départs, ce qui risque de provoquer à nouveau une saturation. Beaucoup d’établissements ont d’ailleurs commencé à reprogrammer, bref à reporter des interventions pour se préparer à faire face à ces arrivées.

Des hospitalisations en hausse… et un risque de saturation

Si l’on observe la courbe des hospitalisations quotidiennes (en lissant les chiffres sur les sept jours précédents, pour éviter les biais liés au chiffres plus réduits du week-end), on observe une remontée certaine : loin, évidemment, du pic précédent, mais qui au même niveau désormais qu'au moment du déconfinement. D’autant que chaque jour, ces entrées à l’hôpital viennent s’ajouter aux patients déjà présents : au total, ils étaient 404 le 29 septembre.

Même constat pour les entrées chaque jour en réanimation, là aussi exponentielles. En moyenne, une dizaine de nouveaux patients entrent chaque jour en réanimation. C’est autant que le 11 mai dernier, mais on était à l’époque en pleine baisse. Ils étaient 94 au total, selon le décompte du 29 septembre, dans les seuls hôpitaux parisiens.

Les optimistes diront que ces chiffres restent loin de ceux du pic d’avril dernier, ce qui est vrai. Mais ils sont tout de même préoccupants, avant même l’arrivée des patients qui viennent d'être détectés positifs (dont une certaine proportion développeront une forme plus grave et devront aller à l’hôpital).

Difficile donc, pour le gouvernement, de ne pas appliquer à Paris les mêmes mesures restrictives qu'à Marseille, avec une situation similaire voire pire selon certains indicateurs. Mêmes motifs… Même punition ?

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