Avec la vague Omicron, le nombre de personnes qui souhaitent se faire dépister est en forte hausse ces derniers jours. Les laboratoires croulent sous les demandes de tests PCR, prélèvements puis analyses. Sur les plateaux techniques, automates et techniciens sont en surchauffe.

L'équipe d'Amina Fazoul, technicienne manager de la PCR chez Biogroup, analyse jusqu'à 10 000 tests PCR par jour
L'équipe d'Amina Fazoul, technicienne manager de la PCR chez Biogroup, analyse jusqu'à 10 000 tests PCR par jour © Radio France / Anne Orenstein

Tout le monde a déjà été témoin des files d'attente qui s'allongent devant les laboratoires pour faire un test PCR. Ce qu'on ne voit pas, ce sont ensuite les embouteillages dans les laboratoires d'analyses. Sur le plateau de microbiologie Biogroup de Levallois, il faut venir avant 9h pour avoir une chance de pouvoir parler aux équipes. Car environ une heure plus tard, arrivent les premiers prélèvements de la journée : des cartons de plusieurs centaines de tubes à essai. Les coursiers se croisent et les enregistrements s'enchainent. Dans la journée, 8 000 à 10 000 échantillons seront ainsi reçus. 

Les tubes ne restent pas sur le premier plateau. Ils sont envoyés dans un laboratoire spécifique et séparé, consacré à l'analyse des tests PCR. Un laboratoire créé de toutes pièces il y a bientôt deux ans en transformant des bureaux et une salle de réunion. Les murs ont été poussés, quatre extracteurs, douze amplificateurs et un automate installés. Dans cette pièce de 50 m2, déjà plus d'un million de tests PCR ont été analysés. Sept techniciens de laboratoire s'y relaient de 5h du matin à minuit. Impossible d'assurer un service 24h sur 24 car l'équipe manque de bras. Les recrutements sont difficiles, et les laborantins capables d'aller vite se font rares. 

Des problèmes de recrutement

Car depuis la mise en place des tests PCR, le laboratoire a gagné en vitesse pour l'analyse de chaque échantillon. Actuellement, le résultat sort en trois heures là où précédemment il fallait en attendre cinq. À cela s'ajoute le temps de transport et de traitement. Chaque résultat doit en effet être analysé et validé par un biologiste. "C'est sur les ressources humaines que ça bloque", constate Vincent Vieillefond, biologiste médical responsable du plateau de microbiologie du laboratoire Biogroup de Levallois. "Entre minuit et 5h, le labo est fermé mais en 5h, je pourrais faire beaucoup de tests PCR. Mais il faut prendre soin de nos équipes, sinon on court à la catastrophe."

Depuis la semaine précédent Noël, les cadences se sont violement accélérées : "Nous faisons aujourd'hui trois fois le volume moyen d'analyses que nous faisions depuis le début de l'épidémie," calcule Vincent Vieillefond.

Les techniciens de laboratoire sont sept à se relayer toute la journée pour analyser les tests
Les techniciens de laboratoire sont sept à se relayer toute la journée pour analyser les tests © Radio France / Anne Orenstein

"Notre timing est très serré. Tout doit être prêt avant l'arrivée des premiers tests. On ne peut pas se permettre de prendre même cinq minutes de retard," ajoute Amina Fazoul, technicienne manager de la PCR. Heureusement, l'équipe est soudée et efficace. Les techniciens ont l'habitude de travailler ensemble et ont acquis des réflexes. "Mais on est fatigués", avoue son collègue Kaïs Guichard. "On a hâte que cette épidémie se termine. Hâte d'avoir des vacances."

Pour les soulager, Biogroup adapte donc désormais ses prélèvements aux capacités de traitement de ses plateaux techniques. Il limite donc à 30 000 le nombre de PCR effectués chaque jour dans ses laboratoires franciliens. L'enjeu, c'est aussi de pouvoir continuer à analyser les autres prélèvements des patients, prises de sang ou analyses d'urine. Les autres pathologies ne s'arrêtent pas pendant le Covid.