Selon une étude sur les "facteurs sociodémographiques, comportements et pratiques associés à l'infection" par la Covid, 35% des contaminations ont lieu au sein du foyer, 21% dans le cercle familial, et 13,5% dans le milieu amical. Le milieu professionnel est la source de 18% des contaminations analysées.

Vue du quartier d'affaires de la Défense, près de Paris, en octobre 2020
Vue du quartier d'affaires de la Défense, près de Paris, en octobre 2020 © AFP / Lilian Cazabet / Hans Lucas

C'est une étude réalisée sur un échantillon réduit, mais qui donne tout de même des éléments intéressants. Elle a été menée sur un échantillon de personnes enregistrées dans la base "Contact-Covid", ayant été contaminées entre le 17 et le 30 octobre 2020. Au total, 30.330 volontaires ont répondu à un questionnaire sur les circonstances de leur contamination (62 % de femmes et 38 % d'hommes).

Le premier enseignement, c'est qu'il est difficile d'établir comment l'on a été contaminé. Sur l'ensemble des personnes ayant répondu, 35 % n'en ont aucune idée. Mais 65 % ont une idée plus précise de l'endroit où ils ont été contaminés, dont 44 % qui connaissent la personne qui les a infectés.

En zoomant encore un peu plus, et en se concentrant sur les patients qui savent comment ils ont été contaminés, on constate que les sources se divisent en quatre catégories. D'abord, leur foyer lui-même : 35 % ont été contaminés à la maison.

Mais ça ne veut pas dire que les autres l'ont forcément été au travail ou sur le chemin du travail : seuls 18,72 % des patients pensent avoir été infectées dans leur milieu professionnel. En fait, l'autre endroit où l'on a le plus de risques d'attraper le Covid-19, selon cette étude, c'est chez des proches : 13,52 % des personnes interrogées disent avoir été infectées dans leur milieu amical, 21,51 % dans leur famille.

L’étude "fait apparaître le rôle majeur que jouent les rassemblements familiaux et amicaux dans les contaminations, notamment lors des repas. Il sera donc très important d’organiser ces rencontres de la façon la plus sûre qui soit pour les personnes les plus fragiles lors des fêtes de fin d’année."

L'étude tente aussi de connaître les raisons de ce déséquilibre, et l'une d'elles apparaît clairement sur le graphique suivant : dans 93 % des cas de contaminations dans la sphère privée, personne ne portait de masque. Pour les contaminations dans la sphère professionnelle, ce chiffre descend à 45 %.

À l'inverse, cela veut dire aussi que dans la sphère professionnelle, le port du masque n'évite pas les contaminations dans 55 % des cas. L'étude souligne une autre cause probable : dans 80 % des contaminations au bureau, ces dernières ont lieu en intérieur et fenêtres fermées, sans aération régulière, donc.

L'étude précise qu'en milieu professionnel, "bureaux partagés et lieux de restauration sont associés aux contaminations quand il a été possible d’identifier la personne source de la contamination".

Les plus exposés : cadres, travailleurs sociaux, professionnels de santé, ouvriers et chauffeurs

L'étude se penche aussi sur le profil des personnes qui ont plus ou moins de risques d'être infectées, notamment sur leur lieu de travail. En prenant comme référence les cadres de la fonction publique (qui ont un risque moyen), on observe que les professions qui sont plus exposées sont : les cadres administratifs et commerciaux d'entreprise, les professions intermédiaires et la santé et du travail social, les ouvriers dans l'industrie, et les chauffeurs.

À l'inverse, les enseignants, scientifiques, employés civils et administratifs, étudiants, agriculteurs ou femmes et hommes au foyer, sont moins exposés que la moyenne.

Parmi les pratiques les moins à risque, l'étude cite notamment le télétravail, le fait de prendre le bus ou le tramway (plutôt que de faire du co-voiturage), ou faire du sport en extérieur. Elle cite à l'inverse comme pratiques démultipliant les risques le fait de participer à des réunions physiques (professionnelles ou amicales), d'avoir fréquenté des bars, restaurants ou salles de sport, ou d'avoir des enfants scolarisés.