Le nombre de nouveaux cas de Covid repart à la hausse et les admissions à l'hôpital sont de plus en plus fréquentes. Mais pour l'instant, les services de réanimations ne ressentent pas l'arrivée de la quatrième vague. Il faut dire qu'elle arrive dans un contexte où la vaccination massive limite les cas graves.

Des soignants prennent en charge un patient atteint du Covid-19 dans le service de réanimation de l'Institut Mutualiste Montsouris a Paris.
Des soignants prennent en charge un patient atteint du Covid-19 dans le service de réanimation de l'Institut Mutualiste Montsouris a Paris. © AFP / Antonin Burat

Sur le plateau de TF1 ce mercredi, Jean Castex l’a rappelé, la quatrième vague de Covid-19 traverse le pays. "Ce fameux variant Delta est là, […] et beaucoup plus contagieux. Plus 140 % en une semaine, plus de 18 000 cas mardi." Le virus reste très contagieux, le nombre de cas positif grimpe en flèche... Pourtant, dans le même temps, le nombre de décès recensés et le nombre de malades en soins intensifs restent, eux, stables et à un niveau assez bas.

Comment évolue le taux d’incidence ?

Le taux d'incidence remonte de manière constante depuis plus de 3 semaines. Après avoir chuté au plus bas à la fin du mois de juin, le taux d’incidence est particulièrement reparti à la hausse dans la semaine du 12 au 18 juillet, jusqu'à atteindre 87 cas pour 100.000 habitants en une semaine en France, contre 46,3 la semaine passée, soit une augmentation de 88%. Le nombre de nouveaux cas de Covid double tous les cinq jours, à cause du variant Delta. Il représente selon le gouvernement 80% des contaminations.

51 départements dépassent le seuil des 50 cas pour 100 000 habitants. C’est en Martinique (627), dans les Pyrénées-Orientales (375), la Haute-Corse (317) et l’Hérault (210) où le virus circule le plus. Ce sont les zones les plus touristiques où l’épidémie flambe.

La hausse est similaire à celles connues lors des deux premières vagues : dans le graphique ci-dessous, la courbe est coloriée en noir dans le mois qui suit le début de la vague épidémique. Pour l'instant, la reprise semble même moins rapide que sur les deux vagues précédentes (puisque les personnes vaccinées, de plus en plus nombreuses, ont statistiquement moins de risques de contaminer ceux qu'ils croisent).

Les nouvelles hospitalisations quotidiennes augmentent

C’était un indicateur en baisse depuis le mois de mai, mais la courbe commence à s’inverser. Elle augmente de nouveau depuis le 9 juillet. Le pays n’était pas descendu sous la barre des 100 nouvelles admissions quotidiennes depuis l’été dernier. En une semaine, les nouvelles hospitalisations ont augmenté de près de 60%.

Mais dans le même temps, la pression sur les services de réanimation reste plutôt stable, avec un taux d'occupation des lits par des patients Covid extrêmement faible par rapport à  ce qu'on a pu connaître lors des vagues précédentes. Or éviter la saturation des hôpitaux est le principal objectif dans la lutte contre la pandémie. Là encore, on devine un effet de la campagne de vaccination, puisque le vaccin protège très largement des formes graves : on a donc une reprise marquée des contaminations, mais avec des patients plus légèrement touchés.

Il faut toutefois rester méfiant, puisqu'on sait que l'impact des contaminations n'est visible dans les hôpitaux que deux semaines après, avec le temps d'incubation du virus.

Le nombre de décès quotidien remonte légèrement

22 patients malades du Covid-19 sont morts à l’hôpital selon les chiffres de Santé Publique France diffusés ce mercredi, contre 6 la semaine précédente. Là encore, on est pour l'instant très loin des records atteints lors des vagues précédentes, mais il y a tout de même une hausse sensible.

Malgré cette légère hausse remarquée ces derniers jours, que ce soit le nombre de cas positifs ou d’hospitalisation, la courbe avait fortement décliné depuis le début du mois d’avril.

Aujourd’hui, 56,44% des Français ont reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid, 46,03% de la population est totalement vaccinée. L’efficacité du vaccin doit se faire ressentir dans les prochaines semaines, si la pression dans les hôpitaux reste modérée.