Un patient de 58 ans, infecté en septembre par le Sars-Cov-2, a été de nouveau contaminé par le variant sud-africain début janvier, entrainant une forme grave de la Covid-19. C'est la première fois qu'un cas de réinfection via cette souche mutante est observé en France, rapporte l'AP-HP.

Ce patient de 58 ans est toujours dans le coma et placé sous ventilation artificielle à l'hôpital Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine).
Ce patient de 58 ans est toujours dans le coma et placé sous ventilation artificielle à l'hôpital Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine). © AFP / Alain Jocard

C'est une première. Un premier cas de réinfection grave par le variant sud-africain du coronavirus a été décrit par des chercheurs français, d'après l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).
Il illustre le fait que le variant en question "peut être responsable d'une réinfection grave après une première infection légère" avec le coronavirus classique, écrivent les chercheurs dans leur étude, parue mercredi dans la revue Clinical Infectious Diseases

Le cas décrit par les chercheurs français est celui d'un patient de 58 ans, "qui a eu une infection en septembre 2020, de forme mineure, confirmée par un test PCR et qui n'a pas nécessité d'hospitalisation", précise à France Inter Jean-Damien Ricard, professeur de médecine intensive réanimation à l'hôpital Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine). L'homme avait ensuite été testé négatif à deux reprises en décembre. 

Quatre mois après cette première infection modérée, ce patient, souffrant d'un asthme léger mais ne présentant aucun facteur important de risque, a donc été réinfecté en janvier, développant une forme sévère de la Covid-19. "Il s'est présenté dans un tableau de détresse respiratoire aigu, a du être mis rapidement sous assistance respiratoire. Les premiers prélèvement ont montré de nouveau la présence du Sars-Cov-2. Le séquençage a confirmé qu'il s'agissait du variant sud-africain." 

Ce patient est actuellement stabilisé mais toujours dans le coma et placé sous ventilation artificielle, précise Jean-Damien Ricard. 

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L'immunité et sa durée toujours en question

Des cas de réinfection par des variants, britannique, sud-africain ou brésilien, ont déjà été documentés dans la littérature scientifique. Le plus souvent, le deuxième épisode est moins sévère que le premier. Mais un an après le début de la pandémie, la durée de l'immunité contre le coronavirus fait donc toujours l'objet de nombreuses questions.

En l'occurrence, ce cas est "préoccupant", parce que le patient "alors qu'il avait encore des anticorps", "a été de nouveau infecté par le variant", souligne Jean-Damien Ricard. En effet, au-début de son hospitalisation, des tests sérologiques ont décelé chez l'homme la présence d'anticorps prouvant une infection passée. Cela suggère que "l'immunité développée à l'issue de la première infection n'a pas permis d'éviter la réinfection par le variant sud-africain", souligne l'AP-HP dans un communiqué.

"On peut craindre que d'autres cas puissent être envisagés de la sorte. Mais il faut également envisager qu'il y ait un terrain génétique sur certains aspects de l'immunité, qui expose un peu plus à la réinfection et à cette forme grave", précise Jean-Damien Ricard. Et donc espérer, tout de même, que tous les patients ne soient pas concernés par ce risque.  

Jeudi soir, le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'est dit inquiet du développement des variants brésilien et sud-africain, notamment en Moselle. Ces souches représenteraient 4 à 5 % des nouvelles contaminations, a détaillé le ministre.

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