Pensant pouvoir contourner l'obligation de n'être que six à table tout en ne pas prenant le risque de contaminer les personnes à risque, beaucoup de familles songent à se faire tester juste avant les repas de fête. Mais pour le biologiste Lionel Barrand, ce dépistage d'avant Noël n'est pas la panacée.

UIn patient se fait tester pour la Covid-19 à Gennevilliers (92)
UIn patient se fait tester pour la Covid-19 à Gennevilliers (92) © AFP / Alain Jocard

Jean Castex l'a annoncé : pour les fêtes, cette année, il faudra éviter d'être plus de six adultes à table, que ce soit au repas de Noël ou pour celui du Nouvel an. Et ce, pour éviter de contaminer ses proches, notamment les plus âgés, plus fragiles face au coronavirus Covid-19.

Les gestes-barrières, meilleur rempart même après un test

Certains Français pensent avoir trouvé une bonne solution pour contourner cette obligation : se faire tester avant, pour être sûr de ne pas pouvoir transmettre le virus. Mais c'est une fausse bonne idée, pour les spécialistes. "Le test n'est pas en soi un passeport de contagiosité, et ce n'est pas non plus un remède-miracle", explique Lionel Barrand, président du SJBM - Syndicat national des jeunes biologistes médicaux.

Il y a toutefois d'autres précautions plus efficace à prendre. "Si on veut éviter de contaminer l'ensemble de la famille, premièrement il faut faire très attention les quinze jours avant, pour éviter d'être en phase d'incubation, donc contagieux. Ensuite, il faut faire attention au moment T, en famille, en évitant par exemple de s'embrasser."

"Après, qu'on fasse le test avant, oui ; mais il faut le faire principalement si on a un doute, si on a un risque d'avoir été contaminé parce qu'on a été en contact avec des personnes sans masque, ou si on a des symptômes."

Éviter un faux sentiment de sécurité

Pour Lionel Barrand, il s'agit aussi d'éviter de surcharger les laboratoires inutilement, au risque de rendre plus difficile l'accès aux tests pour ceux qui en ont réellement besoin, comme cela a pu être le cas dans les premières semaines de dépistage massif en France. "Évidemment, si on pouvait tester 70 millions de Français tous les jours, je vous dirais peut-être autre chose ! Mais ce n'est pas possible..."

De plus, le test peut aussi donner un faux sentiment de sécurité. "On a des faux négatifs, surtout dans les tests antigéniques. Ce serait donc contre-productif de tester tout le monde, et que ces personnes-là ne fassent plus du tout attention."