Quel est le profil des malades de la Covid-19 ? Une étude sur les personnes hospitalisées au printemps, réalisée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la Santé, permet d'en savoir plus.

Un malade de la Covid-19 à Colmar en mars 2020.
Un malade de la Covid-19 à Colmar en mars 2020. © AFP / Sebastien Bozon

Quel est le profil des malades de la Covid-19 hospitalisés lors de la première vague ? Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé publiée vendredi, analyse le parcours de 90 000 personnes hospitalisées entre le 1er mars et le 15 juin. 

Sans surprise, les personnes âgées sont les plus nombreuses parmi les malades hospitalisés lors de la première vague. 43 % des hospitalisations concernent les plus de 75 ans et près de sept décès sur dix. L'âge médian des personnes décédées à l'hôpital est de 81 ans. Mais cette étude souligne qu'ils ont peu participé à la saturation des services de réanimation. Ils n'y représentent en effet que 20 % des admis contre 49 % pour les 50-70 ans. 

Les hommes majoritairement touchés

Les hommes, en revanche, y sont sur-représentés. Lors de cette première vague, sept malades en réanimation sur dix étaient des hommes. Ce sont aussi eux les premières victimes puisqu'ils représentent 60 % des personnes décédées du coronavirus à l'hôpital. 

Cette étude révèle par ailleurs que huit malades hospitalisés sur dix ne sont pas passés par la réanimation et que 73 % des décès ont eu lieu en dehors de ces services.

Au-delà de 90 jours

90 jours après l’hospitalisation, le taux de mortalité parmi les personnes entrées en hospitalisation entre le 1er mars et le 15 juin 2020 est de 19 %. Il est là encore plus élevé chez les hommes (21 %) que chez les femmes (17 %). Il augmente fortement avec l’âge : de 2 % pour les personnes hospitalisées de moins de 40 ans, il atteint 33 % parmi les plus de 80 ans. Parmi les patients passés en soins critiques, le taux de mortalité à 90 jours est de 27 %, mais l’âge reste un plus fort déterminant de la mortalité que le passage en soins critiques.

L'étude montre enfin, sur ces même 90 jours qui suivent l'hospitalisation, que la mortalité diminue nettement au cours du temps : division par deux au moins entre les entrées de début mars et celles de mi-juin et ce, indépendamment de l’évolution de l’âge et du sexe des personnes hospitalisées. Cela peut s’expliquer, dit l'étude, par une meilleure connaissance de la maladie, une moindre pression épidémique, ou encore une meilleure prise en charge à l’hôpital.

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