Bonne nouvelle : d'après une étude publiée dans Science et menée par l'institut d'Immunologie de la Jolla (San Diego- Californie), les personnes ayant été malades du Covid seraient protégées d'une réinfection pendant au moins 8 mois.

l'immunité est assurée par la fabrication d'anticorps mais aussi par ce qu'on appelle l'immunité cellulaire
l'immunité est assurée par la fabrication d'anticorps mais aussi par ce qu'on appelle l'immunité cellulaire © Getty

Les nouvelles ne sont pas toujours très réjouissantes sur le front de l'épidémie, alors saluons cet espoir sur le front de l'immunité. D'après une étude publiée dans Science et menée par l'institut d'immunologie de la Jolla, en Californie, l'immunité pourrait durer au moins 8 mois ! C'est rassurant pour les anciens malades, bien sûr. Rassurant aussi quant à l'efficacité des vaccins.  Même si l'émergence des variants continuent d'inquiéter.

L'étude porte sur un peu moins de 200 personnes âgées de 19 à 81 ans et qui ont eu le Covid (43 infectés depuis plus de 6 mois), la plupart avec des symptômes bénins. Très peu ont dû être hospitalisées. La conclusion, c'est donc que le corps se souvient de l'agression au Sars Cov 2, ce qui nous protège, pendant au moins 8 mois. D'ailleurs, sur près de 100 millions d'infectés dans le monde depuis un an, il y a de fait extrêmement peu de cas de réinfections.

Pour assurer cette immunité, le corps peut fabriquer des anticorps (c'est ce qu'on appelle l'immunité humorale, elle est facilement dosable). Il y a aussi ce qu'on appelle l'immunité cellulaire qui rentre en jeu (plus difficile à mesurer en revanche) : c'est une sorte de mémoire que conserve d'organisme de l'agression, il s'en souviendra pour se défendre si l'infection revient. À 8 mois, on constate que le taux d'anticorps reste élevé. Idem pour l'immunité cellulaire. "On a même découvert que des patients qui ont peu d'anticorps, peuvent conserver, à distance de la maladie, une très bonne immunité cellulaire, ce qui est également très rassurant", explique le Professeur Frédéric Adnet, chef du service des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny en Seine Saint-Denis. Autrement dit, même en cas d'absence ou de baisse d'anticorps assez rapide chez des asymptomatiques, comme l'avait constaté dans une autre étude l'Imperial College de Londres, l'immunité cellulaire peut jouer le rôle protecteur. 

Huit mois de protection et sans doute même davantage

Huit mois, c'est le recul qu'on a pour l'instant, mais rien n'interdit d'espérer que la protection sera plus longue. L'un des auteurs de l'étude californienne pense même qu'elle peut durer plusieurs années. Idem pour les vaccins ARN, on a peu de recul encore, mais on sait déjà que la protection est assurée pour au moins 3 mois, et on a des raisons d'espérer, là encore, que la protection induite par le vaccin ira bien au delà. Ce qui veut dire que des rappels de vaccins ne seront pas forcément nécessaires tous les ans.

Restent les variants. Et là c'est plus compliqué, voire beaucoup plus inquiétant. Pour l'instant, les fabricants des vaccins à ARN Messager déjà autorisés en Europe, Pfizer-BioNtech et Moderna, assurent que leur vaccins protègent du variant britannique. Mais qu'en sera-t-il si d'autres variants, résistants au vaccin cette fois, apparaissent ? "On fera dans ce cas comme on fait avec la grippe, explique le Professeur Adnet, on sera obligés tous les ans peut être de s'adapter aux nouvelles mutations". Les fabricants de vaccin à ARN Messager se disent prêts a réagir et à adapter leur vaccin à la nouvelle donne en 6 semaines, ce qui est rapide (c'est justement tout l'intérêt de ces vaccins ARN qui sont très simples et rapides à produire).

Le scénario catastrophe serait évidemment que des variants résistants voire plus agressifs apparaissent plus vite que nos capacités d'adaptation, c'est à dire avant même qu'on ait eu le temps de mettre au point la riposte au premier d'entre eux. La course serait alors perdue d'avance. "Un scenario purement hypothétique mais pas totalement à exclure",  insiste le médecin.