Les Hautes-Alpes, la Savoie, la Haute-Loire, l'Ardèche, la Drôme, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence sont les départements de France où l'occupation des services de réanimation est la plus forte.

Tous les départements ne sont pas égaux face à la deuxième vague
Tous les départements ne sont pas égaux face à la deuxième vague © Radio France / Olivier Bénis

Martin Hirsch, le directeur général de l'AP-HP le reconnaissait ce matin sur France Inter, la région Ile-de-France est dans une situation moins inquiétante que lors de la première vague de coronavirus. "On se dit disponibles dans les jours qui viennent si l’on peut aider des régions en situation plus difficile. Ça me paraît logique : nous  avons bénéficié de la solidarité de toute la France pendant le mois de  mars !". Tout comme lors de la première vague en mars et avril, les Français sont plus ou moins touchés selon leur région et leur département. Mais contrairement à la situation en début d'année, cette fois les départements d'Ile-de-France ne sont pas les plus à la peine.

Un nombre d'hospitalisations élevé en Auvergne-Rhône-Alpes

Et en effet, sur les 30.217 personnes actuellement hospitalisées pour Covid-19 (chiffres du 8 novembre 2020), seuls 6.502 le sont en Ile-de-France. Au plus fort de la première vague, le 14 avril, ce chiffre atteignait les 13.209.

En revanche, la situation est bien plus inquiétante en Auvergne-Rhône-Alpes : c'est là qu'on enregistre le plus grand nombre de patients hospitalisés en ce moment (6.580 personnes). Suivent les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur (3.213 patients hospitalisés), Hauts-de-France et Occitanie.

En détaillant département par département, on constate une situation plus homogène sur le territoire, notamment entre Paris et le reste du pays. Au plus fort de la première vague mi-avril, la capitale enregistrait à elle seule 3.281 patients hospitalisés pour Covid : elle en compte 1.379 aujourd'hui (pour 2,15 millions d'habitants). C'est moins que le département du Rhône qui en compte 1.815 (pour 1,88 million d'habitants), mais moins aussi que les Bouches-du-Rhône (1.610 pour 2,03 millions d'habitants) et que le Nord (1.599 pour 2,59 millions d'habitants).

Des disparités qu'on retrouve également en observant le nombre de patients en réanimation par département. Cette fois, c'est dans les Bouches-du-Rhône que la situation est la plus inquiétante : 300 lits de réanimation (sur 309) occupés aujourd'hui dans le département, contre 295 (sur 471) à Paris. Le Nord (282) et le Rhône (275) arrivent juste derrière.

Les services réanimation engorgés dans le Sud-Est

Si l'on met en perspective le nombre de patients en réanimation et le nombre de lits disponibles en temps normal dans les services concernés, selon les chiffres de 2019 de la DREES (en ignorant, donc, les lits créés exceptionnellement cette année pour faire face à l'afflux de patients Covid-19), on voit là encore que les départements ne sont pas tous égaux face à l'épidémie.

Ainsi, le département des Hautes-Alpes compte actuellement trois fois plus de patients en réanimation Covid-19 que son nombre de lits en 2019 (24 patients pour 8 lits en temps normal) ; plus de deux fois plus en Savoie, Haute-Loire, Ardèche, Drôme, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence.

Nombre de cas positifs élevés dans le Rhône et le Nord

Le nombre de cas reste lui aussi important dans plusieurs départements du Sud-Est et du Nord. Le 5 novembre dernier, on enregistrait ainsi pour une seule journée 2.445 cas positifs de Covid dans le Rhône ; 2.239 dans le département du Nord.

Le taux de positivité, lui aussi, est important : plus d'une probabilité sur trois d'être testé positif en Savoie, Haute-Savoie, Haute-Loire ou Isère.