Outre les groupes Facebook, la messagerie privée et cryptée WhatsApp est l'un des canal qui voit circuler le plus de fakes news depuis le début de l'épidémie de coronavirus. Mardi matin, les règles de transfert d'un message ont été durcies.

Face aux fake news, WhatsApp se retrouve donc bien démunie.
Face aux fake news, WhatsApp se retrouve donc bien démunie. © AFP / NurPhoto / Jakub Porzycki

C'est le gros point noir dans la lutte contre les fake news. La messagerie instantanée WhatsApp, propriété de Facebook depuis 2014, est au coeur de la propagation, depuis le début de l'épidémie de coronavirus, de fausses informations autour de la maladie et du confinement. Si Twitter et Facebook ont mis en place d'importants filtres et ont durci récemment les règles de leurs plateformes, le problème des messageries privées est tout autre et rappelle le bon vieux temps des chaînes d'emails, où les utilisateurs transfèrent à tout va (et discrètement) de faux documents, faux SMS, faux enregistrements. 

Face à cela, WhatsApp tente de lutter contre la propagation des fake news et a annoncé mardi matin une restriction du nombre de transferts possibles pour un message vers d'autres conversations.

Quel est le problème ? 

Comme nous l'avons évoqué dans plusieurs articles, la messagerie est en effet un haut lieu de la propagation de grossières fake news. Par exemple, au début du confinement, la rumeur d'un "décret publié pour confinement total" avec "intervention de l'armée, militaires déployés" a été diffusée à grande échelle. À chaque fois, les messages adoptaient un format "compatible" avec WhatsApp, à savoir celui d'une sorte de confidence obtenue "d'un.e ami.e bien placé.e".   

Face à ces fake news, WhatsApp se retrouve donc bien démunie. L'équipe de l'application défend mordicus le principe d'une messagerie privée ("un moyen simple, sécurisé et fiable de communiquer avec famille et amis") d'autant plus essentielle en ces temps de confinement et d'éloignement de ses proches et de ses collègues. 

Ce cryptage des conversations "de bout en bout" rend impossible le contrôle ou la modération de contenu, comme c'est le cas sur Facebook ou Twitter.

Quelle est la solution ?

À l'été 2018, en Inde, après une vague de lynchages suite à des rumeurs circulant sur WhatsApp, l'application avait été mise à jour. Un pictogramme "double flèche" avait été ajouté indiquant à chaque fois qu'un message était transféré et ne provenait pas d'un "contact direct". "Cela vous aidera à savoir si vos amis ou contacts ont écrit le message qu'ils vous envoient, ou si celui-ci a été initialement envoyé par quelqu'un d'autre", indiquait le blog WhatsApp, le 10 juillet 2018. 

À cette fonctionnalité avait été ajoutée, neufs jours plus tard, une restriction drastique du nombre de transferts possibles en une fois d'un message. Depuis janvier 2019, les utilisateurs "ne peuvent désormais transférer de messages que vers cinq discussions à la fois".

Ce qui semble donc être la seule arme de WhatsApp vient d'être renforcée. Mardi matin, WhatsApp a annoncé mettre en place "une limite pour que ces messages ne puissent être transférés que vers une discussion à la fois". Comprenez : tout message transféré d'un utilisateur à un autre plus de cinq fois ne pourra être transféré qu'à une autre conversation à la fois

Face à une hausse significative des transferts ces dernières semaines, "nous pensons qu'il est important de ralentir la diffusion de ces messages pour que WhatsApp reste une application de conversation personnelle", explique la plateforme dans un communiqué

Est-ce fiable ?

Alors cette solution est-elle efficace ? Oui et non. Le changement de la règle en janvier 2019 avait permis "de réduire de 25 % les transferts de messages" sur WhatsApp dans le monde. Pourtant, il est toujours possible de transférer un message en faisant un copier-coller indétectable (confidentialité oblige) et ainsi contourner le nombre de transferts autorisés. 

De plus, la formulation de WhatsApp indique qu'un message déjà transféré cinq fois ne pourra l'être à nouveau vers qu'une seule conversation à la fois. Tout se joue dans le "à la fois" : ainsi, le message peut être transféré mais il faut effectuer la manipulation autant de fois qu'on souhaite le faire.   

WhatsApp met-elle d'autres actions en place ?

La firme américaine a proposé, comme la maison mère Facebook, un certain nombre de fonctionnalités qui permettent aux autorités sanitaires et publiques françaises et mondiales de diffuser les informations officielles.  

Deux robots de discussion, des "chatbots", ont été lancés avec le gouvernement (accessible en cliquant sur ce lien) et avec l'Organisation mondiale de la santé pour répondre aux questions sur le Covid-19.   

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