L'effet "fêtes de Noël" tant redouté par le gouvernement commence-t-il à s'observer dans les chiffres de Santé Publique France douze jours après le 25 décembre ? Réponse en quatre courbes, qui donnent une première indication, qui devra être confirmée dans les jours qui viennent.

La courbe du nombre de cas quotidiens remonte après les fêtes
La courbe du nombre de cas quotidiens remonte après les fêtes © AFP / Gabrielle Cezard / Hans Lucas

"Respecter les gestes barrière et toujours veiller à protéger les plus fragiles", "une jauge de six adultes à table, sans compter les enfants"... Jean Castex avait multiplié les recommandations à l'approche des fêtes. Tout comme son ministre de la Santé Olivier Véran, qui craignait fin décembre une troisième vague... Et un possible nouveau confinement dans les premières semaines de l'année. "Nous n'excluons jamais des mesures qui pourraient être nécessaires pour protéger des populations. Ça ne veut pas dire qu'on a décidé, mais qu'on observe la situation heure par heure."

Ce mardi, Santé Publique France annonçait 20.489 nouveaux cas enregistrés en une seule journée. Un chiffre trompeur, puisque le très faible nombre de cas enregistrés la veille (4.022) reflète un décalage dans le recensement de ces cas (les cas enregistrés le lundi étant ceux des tests du dimanche, forcément beaucoup moins nombreux). En lissant les chiffres sur 7 jours, pour éviter justement ce décalage, on compte en fait (en moyenne) 12.588 nouveaux cas à la date du 5 janvier.

Où en est vraiment la situation, une dizaine de jours (soit à peu près la période d'incubation) après ce cap tant redouté de Noël ? Réponse avec quatre graphiques analysant la situation sur un mois.

Une remontée du nombre de cas

Malheureusement, les chiffres ne lèvent pas les craintes : on observe même une légère remontée du nombre de cas enregistrés chaque jour depuis le 25 décembre. Nous présentons des moyennes lissées sur sept jours.

On observe plus précisément deux nouveaux légers pics de contaminations ces trois dernières semaines. Le premier aux alentours du 24 décembre : logique et prévisible, puisqu'il vient à l'issue d'une vaste campagne de tests avant Noël. Et un deuxième, plus important, autour du 3 janvier. Un troisième pic semble même se dessiner après le 5 janvier, donc au retour des vacances scolaires.

Le problème, c'est que ces deux derniers rebonds ne semblent pas liés à l'augmentation du nombre de tests... au contraire. En effet, le nombre de tests réalisés a fortement baissé pendant les fêtes : il y a donc de plus en plus de nouveaux malades détectées, avec pourtant moins de tests que la semaine précédente.

Le taux de positivité rebondit

Résultat : si le taux de positivité était très faible au moment de Noël (confirmant que le nombre de cas élevé est, à ce moment-là, surtout dû au grand nombre de tests pratiqués), il rebondit au passage à la nouvelle année : de 2,93 % le 24 décembre à 4,96 % le 1er janvier. Il est depuis monté aux alentours de 5,21 % en moyenne.

Les cas graves stagnent depuis un mois

Cette augmentation des nouveaux cas semble commencer à se répercuter dans les hôpitaux, : il faut rappeler qu'il y a un décalage d'une à deux semaines entre l'évolution du nombre de cas et celle du nombre d'hospitalisations. Ces dernières se sont stabilisées début décembre, avant d'enregistrer une nouvelle baisse, plus légère, autour de Noël. Cela étant, on constate un rebond assez inquiétant ces cinq derniers jours.

Les entrées en réanimation semblent elles avoir atteint un plateau depuis un mois, après une forte baisse là encore suite au confinement. Il y a donc a priori moins de nouveaux cas graves de la maladie, par rapport au nombre de personnes hospitalisées chaque jour. Mais elles restent à un niveau élevé : rappelons qu'il s'agit de nouvelles entrées, donc des malades dans un état grave qui viennent chaque jour s'ajouter à ceux déjà pris en charge.