Les personnes nées en Afrique, suivies des personnes nées en Asie, sont les plus concernées par cette surmortalité, révèle une étude publiée par l'Insee ce mardi.

Une surmortalité a été constatée en mars-avril chez les personnes nées hors de France.
Une surmortalité a été constatée en mars-avril chez les personnes nées hors de France. © AFP / Pascal Bachelet

En mars et en avril en France, en raison notamment du Covid, les décès ont été nettement plus nombreux que ceux observés sur la même période l'an dernier (129.000 décès au total, soit une hausse de 25%). Et les personnes nées en France et à l'étranger n'ont pas été touchées de la même manière, révèle une étude publiée par l'Insee ce mardi. Ainsi, les décès de personnes nées à l’étranger ont augmenté deux fois plus que ceux de personnes nées en France :  respectivement 48 %, et 22 %. 

Une mortalité plus grande chez les personnes nées en Afrique

Ce sont les personnes nées en Afrique qui sont le plus concernées par cette hausse de la mortalité liée au Covid-19 : 54 % pour les personnes nées dans les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie). Soit 8.300 morts en mars-avril 2020, contre 5 400 en mars-avril 2019. La surmortalité s'élève à 114% pour les personnes nées dans un autre pays d'Afrique.

L'augmentation est aussi très perceptible pour les personnes originaires d'Asie, avec 91% de décès sur cette période. 

Ces écarts s'expliquent par les conditions de vie et de travail

Le fort excédent de décès pour les personnes nées en Afrique ou en Asie s’explique notamment, selon l'Insee, par le fait qu’elles résident plus souvent dans les communes densément peuplées et en Île-de-France, qui est de loin la région la plus touchée par la Covid-19. Une personne sur trois née au Maghreb réside ainsi dans la région, et la moitié des personnes nées dans un autre pays d’Afrique ou en Asie.

Un écart de mortalité qui est aussi dû, dit l'Insee, aux modes de vie. Les personnes nées en Afrique hors Maghreb, et dans une moindre mesure celles nées au Maghreb, ont ainsi en moyenne des logements plus exiguës que les personnes nées en France, ce qui réduit les possibilités de distanciation physique. Distanciation plus compliquée aussi dans les transports en commun, davantage empruntés pour aller travailler par les personnes nées en Afrique que celles nées en France.

Des métiers d'ailleurs plus exposés, les personnes nées en Afrique occupant plus souvent des postes décris comme étant "en première ligne" lors de la pandémie, comme aides soignants, ambulanciers, livreurs ou agents de nettoyage. 

Il y a un mois, une autre étude de l'Insee avait déjà démontré une surmortalité de 130% en Seine Saint-Denis, département où résident beaucoup de personnes originaires d'Afrique du Nord, alors que la population y est plus jeune que la moyenne nationale.

Une forte disparité aussi, souligne l'Insee, dans le Grand Est, la deuxième région la plus touchée par le Covid-19. La hausse des décès en mars-avril 2020 par rapport à mars-avril 2019 y a atteint ainsi 120 % pour les personnes nées au Maghreb, 121 % pour l’ensemble des personnes nées en Afrique ou en Asie, contre seulement 52 % pour celles nées en France.

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