Il y a deux ans jour pour jour, le dimanche 5 janvier, l'Agence France-Presse, publiait une première dépêche concernant une pneumonie d'origine inconnue en Chine, à Wuhan. A l'époque, 59 malades en souffraient. Deux ans plus tard, le virus SARS-CoV-2 a causé la mort de cinq millions de personnes à travers le monde.

Hôpital Leishenhan de Wuhan en avril 2020
Hôpital Leishenhan de Wuhan en avril 2020 © Maxppp / ROMAN PILIPEY

C'était il y a deux ans. Jour pour jour, à cette date, l'Agence Française-Presse publiait une dépêche faisant mention de 59 personnes souffrant d'une "mystérieuse pneumonie", dans la région de Wuhan, en Chine. 

Quelques jours plus tôt, un ophtalmologue de l'hôpital central de cette ville de 11 millions d'habitants, Li Wenliang, a alerté huit de ses collègues. Il pense avoir découvert une nouvelle maladie. C'est le début de l'épidémie de Covid-19, provoquée par le virus SARS-CoV-2.

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Cependant, l'AFP n'a pas été la première entreprise de presse à en parler en France.

La Voix du Nord, premier média français à évoquer une "mystérieuse épidémie"

Avant l'AFP, c'est le site Sputnik France, une agence de presse internationale crée par le gouvernement russe et considérée comme proche de l'extrême droite, qui en parle en premier. Elle évoque, le 31 décembre 2019, "27 cas de pneumonie virale" dans la province de Hubei, toujours en Chine. Pour l'heure, il n'est encore question que d'une pneumonie virale qui touche plusieurs personnes, dans seulement ce pays.

Néanmoins, le premier véritable média français à s'intéresser à ce qu'il se passe à près de 10 000 km de la France, est la Voix du Nord. Le 3 janvier 2020, donc toujours avant la dépêche de l'AFP, le quotidien nordiste publie un article rapportant qu'"une mystérieuse épidémie" se répand dans la ville de Wuhan. Le qualificatif est employé et va s'imposer pour définir cette maladie encore inconnue, mais qui se propage très rapidement. 

La "mystérieuse pneumonie" reprise ensuite par les dépêches AFP

Le dimanche 5 janvier 2020, dans le courant de l'après-midi, cette fameuse dépêche tombe donc dans le fil AFP, auquel de nombreuses rédactions françaises sont abonnées. Le titre est le suivant : "Mystérieuse pneumonie en Chine : 59 cas, le SRAS exclu." 

L'Agence Française de Presse rapporte que : "Les autorités chinoises ont fait état dimanche de 59 personnes souffrant d'une mystérieuse pneumonie d'origine inconnue, démentant toutefois qu'il s'agisse du SRAS, une maladie virale responsable de centaines de morts en 2003." 

Citant la Commission municipale de l'hygiène et de la santé de Wuhan, l'Agence précise que tous les patients chez qui la maladie suspecte s'est déclarée, entre le 12 et le 19 décembre, ont été placés en quarantaine. À ce moment-là, seulement sept d'entre eux sont gravement atteints. 

Evoquée seulement quelques minutes dans les JT français à la mi-janvier 

Il faut attendre quelques jours pour que cette "mystérieuse épidémie" fasse l'objet d'un sujet dans un journal télévisé français. Le samedi 18 janvier 2020, un reportage est ainsi diffusé dans le JT du matin de France 2.

Capture d'écran M6, le 19/45 de Nathalie Renoux est le premier JT du soir à se saisir du sujet de la mystérieuse maladie qui se répand en Chine: le SARS-CoV-2
Capture d'écran M6, le 19/45 de Nathalie Renoux est le premier JT du soir à se saisir du sujet de la mystérieuse maladie qui se répand en Chine: le SARS-CoV-2 © Radio France / Anna Bonnemasou-Carrère

Puis, le soir même, le 19/45 de Nathalie Renoux sur M6, est le premier JT du soir à  évoquer le début de ce qui deviendra une pandémie mondiale. Il y a alors deux morts en Chine et des premiers cas à l'étranger, en Thaïlande et au Japon. Le sujet arrive en moitié de journal et au total, un peu moins de deux minutes d'antenne sont consacrées à ce mystérieux virus chinois. Cependant, peu après, tous les journaux télévisés emboitent le pas, cette maladie fait quelques ouvertures mais la couverture médiatique du sujet reste toutefois faible. 

Le 20 janvier, pour la première fois dans la matinale d'Inter

Le lundi 20 janvier 2020, nous sommes à la veille du nouvel chinois, il est 8h passé de quelques minutes quand Nicolas Demorand lance à l'antenne "Florence - Paracuellos - mais quel est donc ce mal mystérieux qui se répend en Chine ?"  La présentatrice de France Inter, s'apprête ainsi à lancer le reportage réalisé par Dominique André, alors correspondante en Chine. Avant de donner l'antenne à sa collègue, Florence Paracuellos rappelle que le virus a contaminé 200 personnes, toutes passés par la ville de Wuhan et qu'il "ressemble au SRAS, qui avait fait peur au monde entier dans les années 2000" .

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Extrait de la Matinale le 7/9 de France Inter du 20 janvier 2020

Par Anna Bonnemasou-Carrère

Ce n'est qu'à partir du premier décès en France, le 26 février, que tous les médias français se tournent vers Wuhan, la capitale de la province de Hubei, qui est en train de devenir l'épicentre d'une épidémie mondiale. La suite chronologique vous la connaissez. 

En un peu plus de deux mois après la première apparition du virus en Chine, les médias français produiront plus de 250 000 articles sur ce sujet d'après le JDD, un sujet qui s'est aujourd'hui imposé dans nos journaux et fil d'actualité.