Une façon de mesurer l'impact du confinement est de regarder de près nos téléphones portables et les données qu'ils contiennent. Quand on observe les données concernant les déplacements en voiture, via Apple et Google, on note des différences nettes entre les deux confinements.

Lors du premier confinement, les trois quarts des déplacements avaient disparu, selon les données d'Apple contre seulement la moitié lors du deuxième
Lors du premier confinement, les trois quarts des déplacements avaient disparu, selon les données d'Apple contre seulement la moitié lors du deuxième

Il y a cette impression diffuse que l'affluence dans les rues, malgré le reconfinement, n'a pas beaucoup changé. En tous cas que la rue, en ce mois de novembre, ne ressemble pas à ce qu'elle était lors du premier confinement. Les données de mobilité que publient Apple et Google montrent que les déplacements ont sérieusement diminué en France, mais qu'on est très loin des niveaux atteints lors du premier confinement au printemps dernier.

Petit point méthodologique : les données de Google s'appuient sur des "ensembles de données agrégées et anonymisées provenant d'utilisateurs qui ont activé le paramètre Historique des positions, lequel est désactivé par défaut". Les rapports d'Apple sont établis "à partir de données agrégées provenant de l’utilisation anonyme d’Apple Plans".

Comparaison sur les déplacements en voiture

Il y a bien eu une chute des déplacements en voiture autour du jour du reconfinement vendredi, comme cela avait déjà été le cas autour du 17 mars, date du premier confinement. Mais - et c'est là que c'est intéressant - cette chute est moins brutale qu'il y a six mois. Au mois de mars, les trois quarts des déplacements avaient disparu, quasiment d'un coup, les premiers jours de restriction. Ce vendredi, c'était seulement moitié moins de trajets.

On va plus au travail que lors du premier confinement

Sur les déplacements vers les lieux de travail, par exemple, c'est la même tendance. On se rend aussi compte qu'on part de moins haut cette fois ci, évidemment, le télétravail s'étant un peu installé. Mais on chute aussi moins bas qu'au mois de mars, c'est à dire qu'on continue à se déplacer - certes un peu moins - mais toujours plus qu'au début du premier confinement.

De fortes disparités entre les villes

Un constat d'abord : toutes les villes ont connu un pic de circulation la veille du confinement, soit le 29 octobre. Mais selon que vous habitez à Paris, à Marseille ou à Lyon, la baisse des déplacements n'est proportionnellement pas la même. Ainsi, dans la capitale, les déplacements en voiture ont été divisés par quatre en quatre jours, entre le jeudi 29 octobre et le dimanche 1er novembre (ce qui s'explique sans doute par le nombre de Parisiens qui ont choisi de quitter la ville juste avant le confinement). Sur le même laps de temps, ces déplacements ont été divisés par trois à Marseille, Lyon, Strasbourg, Rouen ou encore Toulouse. 

Et comparé à un dimanche "normal", disons il y a une semaine, le 25 octobre ? Là, toutes les villes sont plus ou moins au diapason : moitié moins de trafic à Paris le 1er novembre comparé au 25 octobre, tout comme à Marseille, à Strasbourg ou encore à Lyon.

Cette situation a amené Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon à Paris, à pousser un coup de gueule au micro d'Inter ce mardi : "Je ne sais pas ce que font tous ces gens, je ne pense pas qu’ils soient tous dans des professions essentielles", déplore-t-il face aux embouteillages et à l'afflux dans les transports en commun. L'infectiologue alerte sur la gravité de la deuxième vague de Covid-19.

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