Fatigues, essoufflements, douleurs musculaires et articulaires, etc. Une étude de l'Inserm, menée sur plus de 1 100 patients, montre que, six mois après une infection à la Covid-19 ayant engendré une hospitalisation, 60% des personnes présentent encore au moins un symptôme de la maladie.

Six mois après avoir été infectés à la Covid-19 et hospitalisés, 60 % des malades déclarent toujours souffrir de fatigue, douleurs ou difficultés à respirer.
Six mois après avoir été infectés à la Covid-19 et hospitalisés, 60 % des malades déclarent toujours souffrir de fatigue, douleurs ou difficultés à respirer. © Getty

Le Covid et ses formes graves ont des conséquences sur le long terme. Chez les patients qui ont été hospitalisés, plusieurs mois après, plus d'un sur deux continuent d'avoir des symptômes. Et si l'on entrevoie la sortie de crise, il est parfois difficile de sortir de la maladie, surtout pour celles et ceux qui ont été les plus gravement atteints. 

Une enquête de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publiée ce lundi et menée sur une cohorte de plus de 1 100 patients, montre que, six mois après, 60 % des malades ayant fait un séjour à l'hôpital déclarent toujours souffrir de fatigue, douleurs ou difficultés à respirer. 

Formes sévères

Sur ces 1 137 patients français, tous hospitalisés pour forme sévère, la plupart avaient une ou plusieurs causes de "comorbidité" (de l'obésité, du diabète, de l'hypertension, une insuffisance cardiaque). L'âge médian de la cohorte était de 61 ans et, au total, 30 % sont passés par la réanimation, avec une durée moyenne de l'hospitalisation de neuf jours.

Pour son enquête, l'Inserm a mesuré à trois et six mois plus tard où en étaient les patients :

  • Trois mois après, 30 % n'avaient plus de symptômes mais 27 % se plaignaient encore d'au moins trois symptômes ;
  • À six mois, ce sont 40 % des patients qui n'avaient plus de problèmes mais 25 % d'entre eux souffraient encore de 3 symptômes.

Fatigues, essoufflements, douleurs musculaires et articulaires sont les difficultés essentielles. Toux, pertes de goût et d'odorat, céphalées (maux de tête) sont également cités. 

Pas de lien entre les "comorbidités" et la persistance des symptômes

Six mois après l'infection, la perte de goût et d'odorat est ainsi encore mentionnée chez 7 % des patients convalescents. Toujours d'après l'étude, l'existence de "comorbidités" ne semble pas influencer la persistance des symptômes. 

Les femmes, les patients passés par la réanimation et ceux qui avaient plus de trois symptômes dès l'arrivée à l'hôpital, semblent en revanche plus enclins à garder un état fébrile sur la durée. Mais ce qui étonne, c'est qu'entre trois et six mois plus tard, il y a finalement assez peu de changement. 

L'étude va se poursuivre pour faire des bilans à 12 et 18 mois et, pour mieux comprendre aussi les profils touchés et voir notamment s'il existe des facteurs génétiques.