Les recherches se poursuivent sur les lieux du crash de l'Airbus A320 de Germanwings.
Les recherches se poursuivent sur les lieux du crash de l'Airbus A320 de Germanwings. © EPA/MaxPPP / Sébastien Nogier

Andreas Lubitz, le copilote allemand de la Germanwings, soupçonné d’avoir fait s’écraser volontairement un Airbus dans les Alpes le 24 mars dernier, aurait fait une première tentative le matin même, à l'aller du vol entre Düsseldorf et Barcelone.

C’est le journal allemand le Bild qui le révèle ce mercredi matin. Le quotidien s’est en fait procurer un rapport d’étape du bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), toujours chargé de l’affaire, plus d’un mois après les faits. Le BEA qui a confirmé l'information à la mi-journée en dévoilant son rapport d'étape sur son site internet.

Quelques minutes de descente sans raison à l’aller

Le copilote,Andreas Lubitz, a "intentionnellement réglé les consignes du pilote automatique pour commander une descente de l'avion jusqu'à la collision avec le relief", affirme le BEA dans ce rapport préliminaire, confirmant le scénario connu. Lors du vol aller, entre Düsseldorf et Barcelone, il avait déjà "répété ce geste" ajoute le directeur Rémi Jouty, mais sans conséquence.

"Grâce aux enregistreurs de vol, on a les données du vol du matin Düsseldorf – Barcelone, explique le spécialiste aéronautique de France Inter, Michel Polacco. On y voit que le commandant de bord s’absente, déjà, une première fois et que le copilote en profite pour changer l’altitude du vol. Seulement, il est gêné dans son opération par les contrôleurs de Bordeaux qui lui demandent de rectifier l’altitude. S’il n’obtempère pas, Lubitz sait très bien qu’il va être repéré, alors il arrête son processus et remet ça au vol d’après."

Comme l’altitude rééelle n’a pas changé, personne n’a pu réaliser ce qu’il faisait. Avec le recul, maintenant, on comprend qu’il s’agissait là d’une première tentative plus que d’une simple répétition.

Michel Polacco dans Inter Treize avec Claire Servajean >

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Michel Polacco décrypte le rapport d'étape du bureau d'enquêtes et d'analayses.

Il y a eu "une descente contrôlée qui a duré plusieurs minutes (NDLR : pendant le vol aller Düsseldorf – Barcelone), peut-on lire, et pour laquelle il n’y avait aucune justification aéronautique ." Le même procédé qui a fait s’écraser l’airbus A320 et les 150 passagers à l’intérieur, sur les falaises des Alpes de Haute-Provence quelques heures plus tard.

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"Il n'est pas à exclure que le copilote de 27 ans, poursuit le quotidien, ne voulait pas seulement faire une tentative lors du vol aller, mais qu’il voulait aussi concrétiser son acte." Il a été déjà prouvé, depuis le crash, qu’Andreas Lubitz était sujet à de graves dépressions , qu’il avait fait des recherches internet sur le suicide. Les enquêteurs ont également découvert, chez lui, des feuilles d'arrêt-maladie déchirées à son domicile montrant qu'il n'aurait pas dû voler le 24 mars dernier.

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Ce que l'on sait d'Andreas Lubitz
Ce que l'on sait d'Andreas Lubitz © Radio France
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