Si les policiers manifestent chaque soir, leurs familles aussi n'en peuvent plus et s'inquiètent aussi bien de leurs conditions de travail que de leur image qui se dégrade

Comment a-t-on pu passer en quelques mois de ce qui voulaient embrasser des policiers à la situation actuelle ?
Comment a-t-on pu passer en quelques mois de ce qui voulaient embrasser des policiers à la situation actuelle ? © AFP / Simon Guillemin / Hans Lucas

Ça fait maintenant dix jours que les policiers expriment leur ras- le-bol en manifestant toutes les nuit dans plusieurs villes de France. Des revendications souvent partagées par leurs familles qui s'inquiètent pour leur vies, dénoncent leurs rythmes effrénés de travail, mais surtout ne comprennent pas ce qui est arrivé à une société qui a fait passer leurs conjoints, leurs fils, leurs frères, de personnages respectés à parias qu'on insulte sur les murs des villes et qu'on attaque au cocktail Molotov.

La femme d'un policier de la Loire s'est confiée à Emeline Rochedy. Nous l’appellerons Françoise.

C'est l'inquiétude qui domine maintenant chez Françoise. D'abord qu'un chef l'appelle un jour pour lui dire qu'il y a eu un problème, ou que son compagnon craque parce qu’il tire beaucoup trop sur la corde depuis un an. Car pour lui le travail "c’est du 14, 15h par jour, avec cinq à six heures de sommeil. Ce n’est plus tenable. Il est fatigué, il n'en peut plus plus, il s’énerve très vite."

Surtout que les occasions de souffler, les week-ends en famille sont devenus très rares : un sur six, et encore il faut souvent annuler un repas de famille au tout dernier moment explique Françoise"parce qu’il y a une manif, un match, un ministre ou un autre qui vient. Depuis l’Euro ils n’ont pas arrêté." Françoise sait bien que son mari a des obligations, puisqu’il est dans un service de maintien de l’ordre, mais au bout d’un moment tous ces rappels c’est trop souvent, explique-t-elle, et surtout "le couple en prends un coup parce que on se dispute, parce que j’en ai marre de cette situation, même si je me retiens devant les enfants".

A tout cela s'ajoute le climat global, notamment lorsqu’elle croise, sur un mur, un tag "anti flic".

Les flics ils sont mieux quand ils sont morts

De la fierté, Françoise est passée à la peur. "Maintenant je dis à mes enfants de ne pas dire ce que fait leur papa, j’ai peur que mes enfants se fassent frapper à l’école. Avant quand on disait qu’il était policier, les gens nous disaient que c’était bien. Maintenant on a peur de le dire. On dit qu’il est dans la fiction publique".

"Mon fils qui a six ans a peur que son père meure brûle dans une voiture de police lui aussi"

Emma est la femme d'un policier qui fait du maintien de l'ordre dans la Loire, ensemble ils ont deux enfants, dont un de six ans, très touché par les images qu'il a vu d'une voiture de police, comme celle de son père, en feu.

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