Disponible depuis un an au Royaume-Uni et depuis avril aux États-Unis, l’application Curio propose la lecture d'articles issus de la presse anglophone. Une transformation de la presse écrite en audio qui mise tout sur la fiabilité et la qualité, avec un modèle économique basé sur l'abonnement.

Curio transforme les articles écrits en articles "lus"
Curio transforme les articles écrits en articles "lus" © Radio France / Xavier Demagny

Imaginez un matin dans quelques mois ou dans quelques années : en voiture pour aller travailler, ou dans le métro, casque sur les oreilles, vous choisissez soigneusement ce que vous allez écouter... Plutôt la nouvelle enquête du Monde ou une longue tribune du Figaro ? C'est la promesse de l'application Curio, qui pour l'heure n'est disponible qu'en langue anglaise. 

Lancée à l'automne 2018 en Grande-Bretagne, l'application a été conçue par deux anciens de la BBC, partis du constat que "des histoires fortes existaient, mais qu'elles ne bénéficiaient pas de l'engagement qu'elles méritaient". Ils sont donc partis en 2016 fonder la start-up Curio, dont le principe est simple : plutôt que de lire des enquêtes et des papiers longs, il devient possile... de les écouter. Les "stories" proposées sont souvent de longues enquêtes, dont la durée d'écoute dépasse parfois les 30 minutes. 

Concrètement, les papiers de presse écrite sont lus par des comédiens dont certains "primés", nous promet l'application "pour une expérience audio agréable". Ça ressemble à un livre audio, avec une lecture chaleureuse. Mais ce n'est pas non plus du théâtre. 

L'application a lié un partenariat avec de nombreux médias anglophones de référence : The Economist, le Financial Times, The Guardian, Bloomberg ou The Washington Post pour n'en citer qu'une partie. Ainsi, Curio met l'accent sur la qualité de ses contenus et de ses formats : "L'application invite les utilisateurs à se relaxer et à apprécier du journalisme de premier rang mondial (...) dans un monde connecté surchargé d'information et avec de nombreuses fake news", selon l'entreprise.   

Les journaux partenaires sont rémunérés

Et pour le modèle économique ? Au-delà de dix écoutes offertes, l'application n'est disponible que sur abonnement, pour un prix de sept dollars par mois (ou soixante par an). Un choix certes restrictif, mais qui présente l'avantage de rémunérer les médias partenaires, qui peuvent y trouver une solution pour mettre en avant leurs contenus. 

Avec cette nouvelle application, la presse écrite ajoute donc une corde à son arc pour tenter de se sauver face à la baisse des ventes de journaux papier, en plus des podcasts, des formats vidéo ou de la lecture sonore automatique des articles. Autant de solutions qui apportent un salut à l'écrit... par un autre medium, quitte à marcher sur les plates-bandes de la radio. 

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