La députée La France Insoumise a été représentée en esclave par le magazine, une chaîne autour du cou. Les condamnations affluent, y compris au sein du gouvernement et de la part d'Emmanuel Macron. Danièle Obono a annoncé mercredi qu'elle portera plainte.

La députée n'a pas indiqué si elle souhaitait porter plainte.
La députée n'a pas indiqué si elle souhaitait porter plainte. © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

C'est une publication qui provoque des réactions jusque dans le gouvernement, et même du président Emmanuel Macron. Dans son dernier numéro, daté du 27 août, le magazine "Valeurs actuelles" représente la députée Danièle Obono en esclave, en noir et blanc et apparemment nue, une chaîne passée autour du cou. Une illustration dans le cadre d'une série estivale, qui imagine des personnalités qui voyagent dans le temps. Le titre de ce 7ème épisode ? "Obono l'Africaine".

L'élue La France Insoumise a d'abord elle-même condamné le dessin vendredi sur son compte Twitter, le qualifiant de "merde raciste" publiée dans un "torchon"

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Les élus du groupe La France Insoumise n'ont pas tardé à réagir. Leur chef de file, Jean-Luc Mélenchon, dénonce un "harcèlement nauséabond" contre sa collègue. "Tous les démocrates et Républicains devraient se lever unanimement pour dire ASSEZ !!", estime Alexis Corbière. Des figures d'autres partis ont également apporté leur soutien et dénoncé "Valeurs actuelles", comme Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, ou encore Wallerand de Saint-Just, trésorier du Rassemblement national. 

Des membres du gouvernement consternés

Mais le tollé suscité par la publication résonne ce samedi jusqu'au sommet de l'État. Emmanuel Macron a ainsi appelé Danièle Obono en fin de matinée pour "lui témoigner sa sympathie et sa solidarité", a appris franceinfo. Le Premier ministre Jean Castex a lui dénoncé une "publication révoltante" et appelle à une "condamnation sans ambiguïté". "Condamnation totale" également du côté d'Élisabeth Moreno, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances : "Faire l'apologie du racisme est contraire aux valeurs républicaines", dénonce-t-elle.

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Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a lui aussi apporté son soutien à Danièle Obono. Indignation, également, du ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti : "On est libre d'écrire un roman nauséabond, dans les limites fixées par la loi. On est libre aussi de le détester. Moi je le déteste et suis à vos côtés".

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Dans la majorité, la publication a également fait bondir Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, qui pointe l' "ignoble représentation d'un parlementaire" et assure de son soutien personnel et de celui de l'hémicycle "face à ces abjections."

"Valeurs actuelles" persiste et signe... puis présente ses excuses

De son côté, "Valeurs actuelles" a d'abord campé sur ses positions, dans une réponse à Danièle Obono sur Twitter : " 'Merde raciste' ? Il s'agit d'une fiction mettant en scène les horreurs de l'esclavage organisé par des Africains au XVIIIème siècle", réplique le magazine, en parlant d'une "terrible vérité que les indigénistes ne veulent pas voir".

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Devant la polémique, le magazine a précisé sa position samedi dans l'après-midi en présentant ses excuses à la députée : "Si nous contestons fermement les accusations dont nos contempteurs nous accablent, nous avons suffisamment de clairvoyance pour comprendre que la principale intéressée, madame Danièle Obono, ait pu se sentir personnellement blessée par cette fiction. Nous le regrettons et lui présentons nos excuses."

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La députée a annoncé mercredi, dans un communiqué de presse, qu'elle portera plainte contre "Valeurs actuelles". Pour elle, "cette affaire n'est pas un contentieux privé entre une femme politique insoumise noire et un hebdomadaire d'extrême-droite. Il s'agit d'un combat universel contre le racisme".